SCENE III COMILVA, HARNALI, MAROU1LLAUD, et plusieurs
AMIS d'HaRNALI.
HARNALI.
Sommes-nous tous ici?
TOUS
Tous avec nos gourdins.
HARNALI.
Le drôle vient d'entrer, je crois, par cette porte.
COMILVA, entrant.
Et je viens, mes amis, pour vous prêter main-forte. Mort à ce scélérat!... Il a pu m'enlever Ma nièce... En quel état vais-je la retrouver, Je vous demande un peu?
HARNALI.
Ce n'est pas là l'affaire, Hurlez... si vous n'avez rien autre chose à, faire; Mais nous, tirons au sort, pour voir quel est celui Dont le bras vigoureux devra taper sur lui.
COMILVA.
C'est ça! tirons au sort; que le hasard décide,
Quel est celui de nous qui doit être homicide?
Ah! Dieu! si c'était moi ! si le destin heureux
Me désignait ! .. je sens que je deviens un gueux!
Ce que je veux de lui... quand ma nièce est volée !
Ah! ce serait trop peu d'une simple roulée...
Non! non! c'est tout le sang qu'un eustache vainqueur,
En farfouillant longtemps, peut trouver dans un cœur ! •
Vouloir me faire aller, moi ! neveu des Gribouille !
Tirons au doigt mouillé! Messieurs, c'est moi qui mouille.
HARNALI, à ses camarades.
Voyons, retournons-nous, est-ce fait?
iOi IIAKNALI.
COMILVA.
Me voici.
Il présente ses deux mains.
MAROUILLAUD, prenant un doigt.
Moi, je prends celui-ci.
BDÎOCHET.
Celui-ci.
GABOUILLARD.
Celui-ci.
HARNALI.
Ah! c'est moi, grâce au ciel !
COMILVA.
J'ai toujours la trompette!
Eh bien, je te la rends, c'est une affaire faite, Si tu veux me céder ton rôle pour le mien.
HARNALL
Je refuse.
Et pourquoi?
HARNALI.
Pourquoi? je le sais bien.
COMILVA.
Mais, stupide animal! as-tu la cataracte? Pourquoi me refuser?
HARNALI, lui parlant à l'oreille.
Il faut un cinquième acte.
On entend frapper trois coups.
COMILVA, criant.
Parlons bas !
MAROUILLAUD, criant plus fort.
Parlons bas!
HARNALI, criant.
Parlons bas! c'est cela!
IIAHNALI. 105