SCENE II EULALIE, JEANNETON
JEANNETON
Ah ça, 3Iam'zelle, j'suis p't'être un brin balourde, mais, foi de Jeanneton, je ne vous comprends pas.
EULALIE
Pourquoi donc?
JEANNETON
Comment, hier soir en arrivant de Paris, vous pleuriez, vous vous désoliez, vous disiez que vous ne vouliez pas vous marier, que vous en aimiez un autre, un inconnu, et v'ià qu'à c't'heure, ça n'est plus ça ?
EULALIE
Écoute donc, ma petite Jeanneton, hier je n'avais pas vu celui que mes parents me destinaient, et tu sais bien que ce matin, quand il est parti pour la
chasse, tu me l'as montré à travers lapersienne sans qu'il m'aperçût lui-même.
JEANNETON
C'est ça, vous l'avez trouvé gentil, bien avenant, vot' cœur s'est envolé par la fenêtre, et le pauvre inconnu... ni vu, ni connu... Ce n'est pas bien, ça, Mam'zelle... Moi, quand je renvoie un amoureux, je lui donne huit jours... On donne huit jours aux domestiques.
EULALIE, regardant à la fenêtre.
Mais je vois venir quelqu'un... là-bas, au bout de la grande allée.
JEAKNETON.
C'est monsieur Adolphe, avec un autre monsieur... Il faut le gronder ferme.
EULALIE
Non, je ne veux pas le voir encore, j'ai mes raisons pour en agir ainsi... j'ai mes raisons.
Elle sort par la droite.