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PARENTS ET INVITÉS

CHOEUR

Air : Sonnez, sonnes, sonnez, cors et musettes.

Honneur, honneur à ce nouveau convive ! Honneur, honneur, honneur à son talent !

C'est le plaisir qui nous arrive ;

Recevez notre compliment.

Albert répond aux saints.

ADOLPHE, à Albert.

Je t'avais bien dit que tu serais parfaitement accueilli.

HAMELIN

Vous voyez que je reçois chez moi une société assez cossue ; voici d'abord madame Hamelin, mon épouse ; nous sommes mariés depuis la Révolution.

ALBERT

De Juillet ?

HAMELIX, bas.

Oui... 89... Elle a été longtemps jeune, et vous voyez qu'elle fait encore très-bien la révérence pour son âge... Ces deux dame? là-bas vous représentent i. 16

ma tante et ma belle-sœur; la plus jolie, celle qui me ressemble, est ma belle-sœur... Ce monsieur qui est à sa gauche est un gros marchand de jouets d'enfants, homme plein d'esprit, mais pas farceur... L'autre, le maigre, est un préposé aux pompes funèbres,... très-amusant quand il n'est pas en fonctions.

ALBERT, à Adolphe.

Ah cà! dis donc, est-ce qu'il se croit au salon de Curtius? donne-lui donc une baguette.

HAMELIN

Maintenant, mon cher hôte, il s'agit pour vous de bien amuser tout ce monde-là.

ALBERT

Comment?

HAMELIN

Oui, OUi, je m'entends, (ilditunmot à l'oreille de Jeanneton,

qui sort.) J'ai fait espérer à ces messieurs et à ces dames qu'avant le diner vous nous régaleriez d'un petit échantillon de votre savoir-faire, (a jeanneton, qui apport*

une petite table sur laquelle il y a une gibecière et des gobelets.) .1 ai

tout prévu, voilà tout ce qu'il vous faut : la table, les gobelets et même le sac à la malice.

ALBERT, avec dignité.

Ah çà ! pour qui me prend-on ici?

MADAME UA.MKUX.

Monsieur Hamelin nous aurait-il trompés?.... Il nous a assuré que vous saviez escamoter, faire des toursde caries, et que vous étiez môme un peu ventriloque.

ALBERT

Assez! assez! de grâce!... Vous m'avez pris, je le

vois, pour un plaisant de profession; j'avoue que dans les arts, entre nous et en petitcomité, nous nous délassons quelquefois par Limitation d'un ridicule, nous nous vengeons d'un monde souvent ingrat par la charge et la caricature;... mais se faire volontairement le bouffon, le paillasse du premier venu, poser à table comme un supplément au dessert, et quêter, en se dégradant, les suffrages d'un amphytrion, c'est méconnaître la noblesse, la dignité de sa profession, et déshonorer le caractère du véritable artiste.

Ain de la Galope.

Frondeur, Observateur, Moins gai que triste, C'est l'artiste ; Respectez ses pinceaux, Car ils savent frapper les sots.

Son empire est puissant; C'est la caricature, Qu'il jette, en se riant, Au peuple intelligent.

Qu'on soit nain ou géant, 11 peint d'après nature; Tremble, riche intrigant, Car il fait ressemblant.

Frondeur, Observateur, Moins gai que triste, C'est l'artiste ; Respectez ses pinceaux, Car ils savent frapper les sots.

Son cœur est ulcéré

Et son courroux s'enflamme,

S'il voit le sot titré,

Le mérite ignoré ;

Mais si son cœur aimant Peut rencontrer une àme, Qui, dans son noble élan, S'exalte et le comprend :

Alors, plus généreux, Plus joyeux

Que triste,

L'artiste Jette là ses pinceaux, Et laisse respirer les sots.

Avec intention, et se rapprochant d'Hamelin.

Mais si quelque ignorant A ses dépens veut rire, Ou d'un mot insultant Veut flétrir son talent, Malheur à Pimprudent !

L'artiste se retire ; Mais, avec son sourire, 11 répète en sortant :

Frondeur, Observateur, Moins gai que triste, C'est l'artiste; Respectez ses pinceaux, Car ils savent frapper les sols.

Il sort par le fond.

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