SCENE VIII ADOLPHE, HAMELIN, Madame HAMELIN
HAMELIN
Certainement j'aime beaucoup les artistes, moi... Quand on est riche, il faut protéger les arts, mais il faut que les arts soient honnêtes avec moi comme je le suis avec eux ; j'ai mis à toutes mes lithographies des cadres superbes que j'ai reçus en payement.
MADAME HAMELIN
Je vous conseille de parler de vos tableaux et de vos statues ; des choses affreuses qu'on ne peut pas regarder sans rougir... Aussi, comme nous avons du
monde, et que je tiens à ma réputation, j'ai fait mettre un manteau écossais à votre Vénus en plâtre, et votre vieux carrick à la statue d'Hercule.
Ma femme, vous êtes une Vandale ; vous n'avez pas le sentiment du beau.
MADAME HAMELIX.
Taisez-vous, Monsieur, vous êtes un gros indécent.
HAMELIN
Amateur, amateur, voilà tout... Enfin c'est égal, j'espère que nous nous amuserons bien malgré ca ; c'est dommage, mon cher Adolphe, que vos parents aient choisi le jour d'aujourd'hui pour visiter mes domaines.
MADAME HAMELIX.
En attendant, comme je présume que M. Adolphe n'a plus envie d'aller à la chasse, il serait convenable, je pense, de le présenter à sa future.
ADOLPHE, à part.
Allons, je ne l'échapperai pas... Et Albert qui m'abandonne !
HAMELIX.
C'est juste, il faut faire la présentation.
ADOLPHE
Mais mademoiselle Eulalie est peut-être occupée du soin de sa parure... et je craindrais de la déranger, de lui déplaire.
MÀDA.VK imiKUX, lècbtBMt.
On dirait plutôt, Monsieur, que vous craignez de lui plaire.
ADOLPHE
Ah ! Madame, pouvez-vous penser... je suis prêt à vous suivre, (a pan.) Si je sais ce que je lui dirai, par exemple.
MADAME HAMELIN
Monsieur Adolphe, donnez-moi la main... Monsieur Hamelin, suivez-nous.
Ils remontent la scène pour sortir, lorsque Jeanneton paraît.