LE CHEVALIE», CRISPIN, LISETTE
LISETTE, à part.
Que veut Crispiii à son maître? Observons d'ici ce que ce peut être.
LE CHEVALIER
Les voilà parties, Dieu merci ! Ah ! mon pauvre garçon, qu'il faut d'esprit pour se retirer d'une méchante affaire! Mais que me veux- tu? Qu'as-tu à me dire? D'où vient ton empressement?
CRI3PIN
Je ne sais, Monsieur.
LE CHEVALIER
Gomment! tu ne sais, maraud?
CRISPIN
Monsieur, Monsieur, ne vous fâchez pas! J'ai une lettre qui vous expliquera toutes choses. Le porteur m'a dit que ce n était point de la bagatelle, et qu'il y allait de votre fortune.
LE CHEVALIER
Voyons-donc? Donne-la moi. L'est-ce là?
CRISPIN
Non, Monsieur.
LE CHEVALIER
Qu*est-ce donc?
CRI9PIN
C'est la liste de vos maltresses, <]^ue nous fîmes l'autre jour, Jeanneton et moi, a la porte des Tuileries.
LE CHEVALIER
Le fat! Veux- tu déchirer ces sottises-là!
CRISPIN
Dieu m'en garde, Monsieur. Quand vous reprendrez du goût pour la bagatelle, vous serez bien fii«e, peut-être, de relire ce petit mémoire.
LE CHEVALIER
Donne donc la lettre.
CRISPIN
La voici.
LE CHEVALIill.
Voyons.
CRISPIN
Non,' non, ce sont les vers qu"fe vous fîtes faire l'autre jour pour la baronne, par ce misérable poète, à qui vous donnâtes ce vieux justaucorps qui vous avait tant servi à la chasse.
LE CHEVALIER
Je n'aurai donc la lettre d'aujourd'hui?
CRISPIN
Pardonnez-moi, Monsieur, la voici. Elle vous est adressée sous le nom de Monsieur le marquis des Guérets. Comme vous m'avez fait confidence de ce nom, je n'ai pas manqué à la recevoir.