‹ Théatre choisiChapitre 143 sur 496 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

MADAME PATIN

Je ferais des avances, raoi qui suis offensée? Ah ! vraiment, on voit bien que vous ne savez guère les affaires du point d'honneur.

MONSIEUR sERREFORT, tirant un papier de sa poche.

Voilà des articles d'accommodement que j'ai dressés. Vous verrez par là si je sais ce que c'est.

MADAME PATIN

Des articles ! des articles ! Ah I voyons un peu ces articles, je vous prie. Cela est trop plaisant, des articles ! Vous vous êtes fait mon plénipotentiaire, à ce que je vois.

MONSIEUR SERREFORT.

Voici ce que c'est. Madame.

MADAME PATIN

Écoutons ces articles. Ce sont des articles, Lisette.

MONSIEUR SERREFORT lU,

Premièrement, il faudra que vous vous rendiez au logis de la marquise, modestement vêtue.

Modestement !

MONSIEUR SERREFORT.

Oui, Madame, modestement. En robe cependant, mais avec une queue plus courte que celle que vous portez d'orcunaire.

MADAME PATIN

Oh! pour l'article de la queue, je suis déjà sa très humble servante, et je ne rognerais pas deux doigts de ma queue, pour toutes les marquises de la terre.

MONSIEUR SERREFORT, Continuant à lire.

Arrivée chez la marquise, vous la demanderez au laquais qui sera de garde.

MADAME PATIN

Un laquais de garde, Monsieur ! un laquais de garde! Il semble que vous parliez de quelque officier.

i62 LE GHEVAL1ER A LA MODE

MONSIEUR SERREFORT, Continuant à lire.

Et pendant que ledit laquais ira avertir sa maltresse que vous êtes dans Tantichanibre^ vous y demeurerez debout^ et sans murmurer, jusqu'à ce qu'il plaise à Madame la marquise de vous faire entrer.

MADAME PATIN

Non, Monsieur Serrefort, non ; pour demeurer dans l'antichambre , je n'en ferai rien , debout surtout. Ce ne sera pas sans murmurer, cela ne se pourrait.

MONSIEUR SERREt^ORT.

Il faudra bien que cela soit pourtant. {U lit.) Quand la marquise sera visible...

MADAME PATIN

Eh fi ! Monsieur, ce n'est pas la peine d'achever.

MONSIEUR SERREFORT.

Oui, Madame, mais savez-vous bien que vous n'avez point d'autre expédient pour sortir a'affaire, et que ce sont ici les dernières paroles qu'elle nous a fait porter par son écuyer ?

MADAME PATIN

Par son écuyer, Monsieur, par son écuyer ! Oh ! vraiment, il faut attendre à faire cet accommodement, que j'aie un écuyer comme elle ; et quand nous agirons d'écuyer à écuyer^ il ne faudra peutêtre pas tant de cérémonie.

MONSIEUR SERREFORT.

Gomment donc, Madame, un écuyer? Êtes-vous femme à écuyer, s'il vous plaît, et ne songez-vous pas..*

MADAME PATIN

Tenez, Monsieur, point de contestation, je vous prie. Je n'aime pas les disputes; et pour peu que vous m'obstiniez, vous me ferez prendre des pages.

MONSIEUR SERREFORT.

Ah! je vois ce que c'est : votre entêtement continue ; il est désormais impossible de vous en corriger ; et vos manières me confirment à tous moments les avis qu'on m'a donnés.

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