SCÈNE XVIII
Votre mari? lui, votre mari?
LISETTE
Bon, cela commence fort bien !
Monsieur le comte ^ détrompez Madame, s'il TOUS plaît.
ANGÉLIQUE, bos à Madame Argante.
La détromper ! c*est là sa folie, ne vous Tai-je pas dit?
CHAMPAGNE
Parlez^ Monsieur, parlez ! Quelles mesures gardez-vous, qui vous empêchent de dire naturellement la vérité ?
ANGÉLIQUE
Que me servirait-il de la dire. Madame? Ne vous aiMe pas là-dessus expliqué cent fois mes pensées ?
Il est vrai qu'il faut être étrangement entêtée de chimères !
CHAMPAGNE
Gomment de chimères? Vous souffrez qu'on m'appelle chimère. Monsieur?
LISETTE
Si la conversation s'échauffe, la marquise aura sm' les oreilles.
CHAMPAGNE
Parlez, Monsieur, parlez ! N'ai-je pas la parole de votre père?
ANGÉLIQUE
Je veux croire qu'il vous l'a donnée.
Quoi, Monsieur!
ANGÉLIQUE
C'est pour cela que je vous recommandais le secret.
CHAMPAGNE
Voire sœur ne doit-elle pas épouser mon neveu?
ANGÉLIQUE
Il me semble que j'en ai ouï parler.
Vous ne m'en avez jamais rien dit ?
A quoi bon vous entretenir de ces bagatelles?
CHAMI-AGNE.
Ne donnerai-je pas à mon neveu le meilleur et le plus beau de mon bien en faveur de ce mariage ?
ANGÉLIQUE
C'est une condition que mon père exigeait de vous.
CHAMPAGNE
Vraiment, s'il ne l'exigeait pas, je me garderais bien de me la faire moi-même. Vous devez, après sa mort, être le maître de tout son bien : n'est-il pas juste qu'il cherche à assurer la fortune de votre sœur ?
ANGÉLIQUE
Mon père a ses vues. Madame, et j'ai les miennes.
Tout ce qu'elle dit est donc vrai, Monsieur le comte ?
CHAMPAGNE
Oui, Madame, et je ne suis point une chimère, comme vous voyez.
Pourquoi me faire un mystère de tout cela?
ANGÉLIQUE
Par quelle raison vous en importuner? Ai-le dessein de sacrifier ma tendresse aux intérêts de ma sœur ?
CHAMPAGNE
Ah ! le dénaturé !
ANGÉLIQUE
Ne suis-je pas prêt à désobéir à mon père ?
CHAMPAGNE
Le petit impie !