SCÈNE VII OLYMPE, LISETTE
OLYMPE
A qui parlais-tu là, Lisette ? .
LISETTE
C'est un de mes cousins, Madame, qui m'est venu dire des nouvelles de ma tante.
OLYMPE
Que fait ma fille et pourquoi n'es-tu point auprès d'elle?
LISETTE
Elle m'a dit de la laisser seule. Elle est triste ; et je crois que pour la réjouir un peu, il lui faudrait une autre compagnie que la mienne.
OLYMPE
Non, tout le monde lui déplaît; c'est le couvent oui lui a donné cet engourdissement de cœur et a'esprit qui la rend insensible à tout.
LISETTE
Cela pourrait être ; mais elle court risque d'être longtemps engourdie, et ce ne sera pas le mari aue vous lui destinez, qui la tirera de son engourdissement^ sur ma parole ! Un homme de soixante et cinq ans épouser une fille de seize! Et oit est la symétrie. Madame?
OLYMPE
Il ne s'en donne que cinquante, Lisette.
LISETTE
C'est un fripon , Madame , il s'en dérobe plus d'une douzaine. Mais quand il ne s'en volerait point, de bonne foi, est-ce à une fille comme elle qu'il faut donner un homme comme lui? Que diantre voulez-vous qu'elle en fasse?
OLYMPE
Eh I que veux-tu (qu'elle devienne ? Je l'aime et je ne cherche point a la contraindre ; mais je n'ai point de~ bien à lui donner; et cette inégalité