ANGÉLIQUE, ÉRASTE, LISETTE, L'OLIVE
l'olive.
- Oui, votre père va se marier, ce n'est poiut un conte.
ÉRASTE
Eh ! qu'il se marie mille fois ! Que m'importe, pourvu que je retrouve ce que j'ai perdu ?
ANGÉLIQUE
Voici quelqu'un, rentrons au logis.
LISETTE
C'est peutrôtre Dorante?
ANGÉLIQUE
Non, ce n'est pas lui. Mais, que vois-je ?
ÉRASTE
Mon pauvre l'Olive, c'est Angélique !
l'olive.
Eh ! parbleu oui, c'est elle-même !
ANGÉLIQUE
Ma chère Lisette, c'est Éraste !
LISETTE
Éraste ! Et qu'allons-nous faire des deux autres ?
Qu'avez-vous donc ? Êtes-vous muet ?
ÉRASTE
Donnez-moi le temps de respirer.
LISETTE
Est-ce que vous avez perdu la parole ?
ANGÉLIQUE
Je me meurs^ soutiens-moi.
l'olive.
Morbleu, voilà des gens qui s'aiment !
250 LA PAHISIENNE
LISETTE
Tu es un bon traître, toi ; et tu m'aimes d*une belle manière !
l'olive.
Je t'aimais autrefois; mais le certificat m'a corrigé.
ANGÉLIQUE
£b ! d'où yenez-YOus, Ëraste? Qui yous a mandé • qu'on m'allait meurier?
ÉRASTE
On va vous marier, Madame ? Ab ! juste ciel ! cette aventure met le comble à mon désespoir.
l'olive.
Attendez, attendez, Monsieur, ne nous pressons point de nous désespérer ; l'aventure n'est point si terrible. Premièrement, c'est Monsieur votre père qui est votre rival.
ÉRASTE
Mon père?
l'ouve.
Lui-môme. Lavigne m'a tout conté : il pliait épouser ma femme, lui.
LISETTE
Que veux-tu dire ?
ANGÉLIQUE
Lisette est ta femme ?
l'olive.
Oui, Madame. Et si elle peut faire en sorte que vous deveniez celle de mon maître, je lui pardonnerai d'avoir eu dessein de n'être plus la mienne. Vous voyez ce que je fais pour votre service !
ÉRASTE
Ma chère enfant, ne nous abandonne pas !
ANGÉLIQUE, baS,
Dorante et Lisimon vont venir, Lisette.
l'olive.
Songe à m'apaiser ; car, selon tou^ les règles, je dois être fort en colère. -***^^-