SCENE XIV
le temps d'une plus lonç^ue absence, pour vous entretenir avec plus de loisir.
ANGÉLIQOE.
Elle a raison, je rentre ; vous avez trop tardé, je crains que ma mère ne nous surprenne ensemble.
LISIMON.
Eh, fi 1 les mères d'aujourd'hui ne sont pas si ^ fort à craindre que vous le dites !
LISETTE
Oh! i] y a des mères et des mères. Monsieur; f
et la seule vue d'un plumet ou d'un justaucorps j
rouçe ferait prendre à celle-ci des résolutions I terribles contre sa fille.
LISIHON.
La pauvre dame! elle n'est donc pas de ce monde? Juger des gens par les habits! Eh, cadédis! les plus modestes ne sont pas les moins dangereux .' Mais, peirlons net ; car je suis homme de réflexion ; cette mère que l'on craint tant, on ne la craint pas sans sujet. Dites, ai-je quelque j rival qui se serve du pouvoir maternel pour se faire épouser par «force? N'hésitez point à me le ! dire, il n'en mourra pas, je vous en réponds. Je suis prudent, et je n'aime pas les affaires ; ses deux oreilles me suffiront.
LISETTE
îl n'y a rien de plus honnête, et vous jugez bien qu'après une assurance de la sorte, on ne vous îferait pas mystère de la chose»
ANGÉLIQUE
Ah! qu'il y a dans le monde des personnages dangereux, Lisette!
LISETTE
Ce n'est que l'expérience qui apprend à les connaître.
LlSIMON.
Vous hésitez à me répondre, et vous allez aux opinions. Le vent du bureau n'est pas bon pour moi; mais je n'ai qu'une bagatelle à représenter. Je suis endiablé d'amour pour vous, et je ne suis pas
.' seuiy sans doute? Dans quelque moment de dépit V contre un plus fortuné que moi, vous avez tantôt reçu mon message, et vous avez dit : oui, qu'il vienne. Ce dépit est passé, vous enragez d'avoir topé. Je comprends la chose à merveille ; mais je le connaîtrai, ce fortuné ; et il me sera garant de tout, sur mon honneur!
LISETTE
Voilà Monsieur Damis.
ANGÉLIQUE
Àh^ ciel!