‹ Théatre choisiChapitre 253 sur 496 · ACTE I, SCÈNE XTÏ · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XTÏ

LISETTE

Elle ne vous doit que trois cent dix livres

MADAME AMELIN

Eh bien ?

Eh hien, il n'y a pas de fonds pour vous les payer.

MADAME AMELIN

Qu'est-ce à dire, il n*y a pas de fonds pour trois cent dix livres?

LISETTE

C'est une malice de notre homme d'affaires, qui n'aime point à donner de l'argent.

MADAME AMELIN

La vilaine chose qu'un homme d'alfaires !

LISETTE

Vous êtes bien heureuse que ce ne soit pas un intendant, vous attendriez bien davantage.

MADAME AMEUN.

Mais Madame joue quelquefois, et quand elle gagne...

LISETTE

Oh! quand elle gagnerait mille pistoles, elle aimerait mieux mourir que d'en acquitter la moindre dette : c'est une chose sacrée que l'argent du jeu ; diantre, ce sont des fonds pour le plaisir, où l'on ne touche point pour le nécessaire !

MADAME AMELIN

Comment ferons-nous donc ?

LISETTE

Si VOUS étiez femme d'accommodement, Madame Amelin. . . .

Eh bien ?

LISETTE

Madame a besoin de cent louis^ elle vous doit trente pistoles, faites-lui prêter six cents écus, elle vous paiera vos trois cent dix livres.

290 LES BOURGEOISES A LA iMODE

MADAME AMELIN

L'accommodement est admirable ! Vous vous moquez de moi, je pense ?

LISETTE

Non, je ne me moque point. Voilà un diamant de trois cents pistoles qu'on vous donnerait pour nantissement ; voyez si le parti vous accommode.

MADAME AMEUN.

Un diamant? Ah ! c'est autre chose. Et quand lui faut-il cet argent ?

LISETTE

Dans le moment même^ si cela se peut.

MADAME AMELIN

Passez chez moi dans un quart d'heure, et apportez la bague, vous trouverez votre argent tout compté. Adieu, Mademoiselle Lisette.

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