SCÈNE IV MADAME GÉRANTE, LISETTE, LE BÈGUE
LE BÈGUE
Que VOUS plalt-il, Madame ?
Allez dire à Monsieur Oronte....
LISETTE
Il n'en est pas besoin, Madame, il ne fera pas long séjour avec Mademoiselle votre fille; car, elle se plaint d'un mal de tête épouvantable.
Elle prend bien son temps pour être malade.
LISETTE
Comme s'il dépendait d'elle de se bien porter : Monsieur Oronte l'étourdit trop aussi, et ses discours éternels d'ardeurs, de feux, de flamme, tout cela échauffe terriblement au moins.
Angélique est-elle fort contente de ce mariage?
LISETTE
Bon, quelle raison pomTait-elle avoir pour ne le pas être ? Quoi, cette grande inégalité d'âge qui est entre elle et M. Oronte, qu'est-ce que cela ? Elle a un si bel exemple devant les yeux ; car enfin, cette inégalité n'est guère moindre entre vous et Yalère, et cependant vous ne laissez pas d'en être contente.
Il m'inquiète, Valère ; et je suis surprise qu'il ne soit pomt encore ici.
LISETTE
On ne l'aura pas trouvé pour lui dire que vous êtes revenue.
Mais, penses-tu, Lisette, qu'il m'aime autant qu'on me le dit ?
LISETTE
Le beau doute ! Vous êtes si aimable, et vous lui donnez tant de sujets pour vous aimer.
La plupart des hommes sont ordinairement si volages et si peu reconnaissants.
Oh I Valère n'est pas fait comme les autres ; et tenez, voilà Monsieur Merlin, qui vous en peut répondre encore mieux que moi.