ACTE IV, SCÈNE I
nous y surprendre, et Ton m'en ferait un crime. Icî> Ton peut penser qae le hasard nous aura fait rencontrer, et que vous ne m'aurez abordée que par civilité. QueFrontin prenne garde, seulement, que personne ne nous écoute.
FRONTIN
Causez en repos, je suis en sentinelle.
LE CHEVALIER
Eh bien ! charmante Marianne, quelle sera ma destinée ? .
MARIANNE
S'il ne tenait qu'à moi seule de la rendre heureuse, vous n'auriez pas lieu de vous en plaindre.
LE CHEVALIER
Eh! ne pouvez-vous pas faire tout mon bonheur? Je vous adore ! Si vous étiez un peu sensible à ma tendresse...
MARIANNE
Tenez, Monsieur le chevalier, je ne sais ce que c'est que de l'amour : je ne puis dire que je vous aime ; mais je suis bien aise que vous m'aimiez.
LE CHEVALIER
Et consentirez-vous, sans répugnance, que je devienne votre époux ?
MARIANNE
Voilà encore une chose que je ne saurais vous dire ; il me semble qu'on ne s'aime plus, quand on est marié?
LE CHEVALIER
On ne s'aime plus ! qui vous a dit cela?
MARIANNE
Âraminte et ma belle-mère ne disent tous les jours autre chose : elles chagjinnent leurs maris ; leurs maris les haïssent. Moi, je voudrais vous aimer toujours, et il faudrait, pour cela, que vous m'aimassiez toute votre vie !
LE CHEVALIER
Et vous croyez que le mariage pourrait fabe finir ma tendresse ? Âh ! je vous jure...
FRONTIN
Changez de conversation, Monsieur, j'entends quelqu'un.
MARIANNE
Séparons-nous, Monsieur le chevalier.
FRONTIN
Non, rapprochez-vous, c'est Lisette.