SCÈNE PREMIÈRE
MARIANNE, LISETTE
MARIANNE
Ma pauvre Lisette, je n'en puis plus, je ne saurais me soutenir, je tremble.
USETTE.
Qu'avez-vous ?
MARIANNE
Mon père est là-dedans avec Araminte et ma'* belle-mère : je ne l'ai jamais vu de si bonne humeur.
LISETTE
Et c'est là ce qui vous rend si interdite?
MARUNNE.
On va lui parler de mon mariage avec Monsieur le chevalier.
LISETTE
On va lui en parler? Tant pis ! on se presse trop.
MARIANNE
Oh ! point , point, Lisette ! Je suis sortie pour les laisser dire : je voudrais déjà que cela fût fini.
LISETTE
Gela est trop précipité, vous dis-je ; rentrez dans le cabinet pour rompre la conversation.
MARIANNE
Ma chère enfant, je n'en ai pas la force : je ne me connais plus ; et je n'ai jamais été dans l'état où je me trouve.
C'est que vous n'avez jamais été mariée.
MARIANNE
Oh I pour cela non. Mais , si je suis si tremblante pendant qu'on en parle, comment serai-je donc quand on me mariera tout de bon?
lilSETTE.
On vous rassurera, ne vous mettez pas en peine. Mais, si vous voulez que je vous parle naturellement, je meurs de peur que votre père ne reçoive mal la proposition.
MARIANNE
c'est cette crainte-là, je pense, qui me met si ^ hors de moi-même.
LISETTE
Allez donc empêcher qu'on ne lui en parle. Nous avons, depuis tantôt, raisonné, Frontin et moi, et nous avons trouvé un moyen sûr pour vous . marier, quand votre père ne le voudrait pas.