ACTE II, SCÈNE V
L'épouser malgré qu'il en ait !
MERLIN
Oui, madame.
Comment donc , est-ce qu'on prend les gens à
MERLIN
C'est ce que j'ai dit d'abord ; mais il lui a fait autrefois une promesse de mariage.
Une promesse de mariage I
MERUN.
Oai vraiment, et c'est là le diable.
Une promesse de mariage I II était donc amoureux d*Blle.
MERLIN
Point du tout, Madame, ce n'était que par manière de conversation ; et cependant , voyez la malice, on s'en sert aujourd'hui pour l'inquiéter, et pour traverser la passion qu'il a pour vous.
Le malheureux garçon I pourquoi ne m'a-t-il pas avertie de cette affaire !
MERLIN
Il pensait bien à cela, vraiment ; il ne prévoyait rien moins que l'affront qu'on vient de lui faire.
Comment? Que dis-tu? Quel affront?
MERLIN
Est-ce que vous ne voyez pas où tout cela conduit ? Une fille amoureuse d un jeune homme qui se va marier, de qui elle a une promesse de mariage, cela va tout droit au Châtelet.
Au Châtelet !
Oui vraiment au Ch&telet ; et une preuve convaincante de ce que je vous dis-là^ c'est qu'on vient d'y conduire mon mattre.
LISETTE
Ton maître est prisonnier ?
MERLIN
Oui, Lisette.
Yalère en prison I
MERLIN
Oui, Madame, et je viens de le voir y faire son entrée.
Le pauvre garçon ! Et comment Ta-t-on mené-là?
MERLIN
Je TOUS tirerais des larmes si je vous en faisais le récit.
Il n'importe, je veux tout savoir.
MERLIN
Vous me commandez de renouveler mes douleurs ; mais en revanche , je vais terriblement aigrir les vôtres.
USETTE.
Ahlah!
Ah! dil
MERLIN
Oh! Madame, ne vous avisez point de pleurer comme cela quand j'aurai une fois commencé ; car, je n'aime pas qu'on m'interrompe. J'avais rejoint mon maître, et je vous l'amenais comme vous me l'aviez dit, lorsqu'un certain gros maroufle a passé tout proche de lui, et lui a arraché son épée. J'ai voulu courir tout aussitôt, dans la pensée que c'était un filou, quand vingt coquins comme le premier nous ont entourés. Il y avait une chaise à porteurs qui suivait : ils ont prié mon maître d'y entrer ; mais civilement^ Madame,