ACTE V, SCÈNE Xï
MONSIEUR SIMON
Tu es un effronté, maraud : tu as volé ce diamant à ma femme, et c'est celui qu'elle perdit il y a six semaines !
FRONTiN, à part.
Du diable ! Monsieur Janot aurait-il fait ce tour-là ?
MONSIEUR SIMON
Que rumines-tu?
FRONTIN
Que cela ne se peut pas ! J'étais tantôt avec lui. .. chez sa mère... cela ne se peut pas, encore une fois !
MONSIEUR SIMON
Cela est. Je te ferai pendre si tu disputes.
FRONTIN
Je n'y comprends rien.
MONSIEUR SIMON. '
Venons à présent au reste.
FRONTIN
Monsieur, encore un petit mot sans nous emporter ; ou j'ai perdu l'esprit, moi qui vous parle, ou vous l'avez perdu vous-même. Je ne l'ai pas perdu, moi, assurément. Ergo..,
MONSIEUR SIMON
Oui, je l'ai perdu, moi, de t'avoir, tantôt, sottement conQé un billet de mille écus.
FRONTIN
Oh ! pour cela. Monsieur, je me suis fort loyament acquitté de la commission.
MONSIEUR SIMON
Tu es un fripon, passé maître V
Monsieur...
MONSIEUR SIMON
Je ne te connaissais pas encore.
FRONTIN
N'embrouillons point l'affaire de la bague.
MONSIEUE SIMON.
Il me fallait cette aventure pour me détromper.
FRONTIN
Revenons à la bague, je vous prie.
MONSIEUR SIMON
Araminte est là-dedans, tu as mon billet, il faut me le rendre.
FRONTIN
Ne confondons rien, s'il vous plaît.
MONSIEUR SIMON
Il faut me le rendre tout à l'heure.
FRONTIN
Je n'ai point le billet, et vous avez la bague .
MONSIEUR SIMON
Tu me le rendras.
Vous me la rendrez.
MONSIEUR SIMON
Tu me le rendras.
FRONTIN
Vous me la rendrez.
MONSIEUR SIMON
Oh! tu me le rendras, ou je t'étranglerai, assurément.
FRONTIN
Au secours ! miséricorde !