ACTE V, SCÈNE XIV
MARIANNE
Et VOUS n'êtes point un vrai chevalier?
LE CHEVALIER
Je suis au désespoir...
ANGÉLIQUE
Par où méritait-elle, Monsieur Janot, que vous voulussiez la tromper?
MADAME AMELIN
Gomment donc la tromper? Trédame ! Monsieur Janot, puisque Monsieur Janot y a, aura, quand je le voudrai, une bonne charge de vingt mille écus, que je lui mettrai sur la tête.
ANGÉLIQUE
Vingt mille écus. Madame Amelin?
MADAME AMELIN
Oui, Madame, vingt mille écus, ({uand je perdrais ceux que je vous ai donnés, encore 1
FRONTIN
Gomment diable!
ANGÉLIQUE
Avez-vous du penchant pour lui, Marianne?
MARIANNE
Quand il n'aurait pas les vingt mille écus, je ne l'en aimerais pas moins, je vous assure.
La pauvre enfant !
ANGÉLIQUE
Et moi, je vous promets de trouver les moyens de faire consentir votre père à ce mariage.
LE CHEVALIER
Ah ! Madame...
ARAMINTE
Trouve donc aussi le secret de faire ma paix avec mon mari?
ANGÉLIQUE
Je me chargerai de tout.
FRONTIN
Ma foi, nous sommes plus heureux que sages !
LISETTE
Hors les maris, tout le monde sort toi^gours bien d'intrigue. Par ma foi, si les hommes donnaient à leurs femmes ce qu'ils 46pensent pour leurs maîtresses, ils feraient mieux leurs comptes de toutes manières!
Fin des Bourgeoises à la Mode.
COMÉDIE EN UN ACTE
REPRéSENTés, POUR LA PREMIÈRE FOIS, LE I 5 JUILLET lôç^.
PERSONNAGES
M. BERNARD, tatenr d'Àngéliqae.
LE CHEVALIER, oocle d'Angélique.
DORANTE, amant d'Angélique, et cru peintre chez M. Bernard.
L'OLIVE, Talet de Dorante, et jardinier de M. Bernard.
ANGÉLIQUE, nièce du chevalier.
LISETTE, sa suirante.
LUCAS, fermier de M. Bernard.
MATHURINE
La scène est dans la maison de campagne de M. Bernard.