‹ Théatre choisiChapitre 325 sur 496 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MONSIEUR BERNâED.

Tq as raison ; il y a là-dessous quelque chose.

S'il y a queuque chose ! je vous en réponds ; mais ce n'est pas tout. Mathurine, la servante des Trois-Rois, dit qu'ils avontcheux eux, depuis quatre jours, trois ou quatre Monsieursque votre jardinier connaît itou : ils soupiont tout à l'heure ensemble, et ils parlont de vous, de Mademoiselle Angélique ; ils disiont qu'il la fallait ôter de vos pattes, et qu'ils la mettriont dans les pattes d'un autre. Que sais-je, moi? Mais, bref, tant y a, ce sont vos affaires.

MONSIEUR BERNARD

Et le peintre, sur quoi le soupçonnes-tu d'être de la partie ?

LUCAS

Sur quoi? Sur ce que le jardinier et ly sont bons amis; puisqu'ils s'aimont tant, ils ne valont pas mieux l'un et l'autre.

MONSIEUR BERNARD

Cela pourrait être; il faut que j'approfondisse cette affaire.

LUCAS

Et quand vous aurez approfondi, que ferez- vous ?

MONSIEUR BERNARD

Je les chasserai.

LUCAS

Eh! morgue! chassez-les sans approfondissement! Faut-il tant de façons? Je sommes cheux vous; j'y avons deux filles; vous aimez l'une, vous voulez que j'aime l'autre; je le veux bian, moi, pour vous faire plaisir, tout coup vaille. Acoutez, mettons tout le monde dehors, et ne demeurons que nous quatre, je ne serons jaloux de parsonne , et je varrons beau jeu , ne vous boutez pas en peine.

MONSIEUR BERNARD

Je veux avant toutes choses pénétrer ce mystère, te dis-je : je vais faire un tour dans le village, et tâcher de savoir qui sont ces gens qui logent aux Trois-Rois.

LOCAS.

Vous ne saurez que ce que je vous ai dit.

MONSIEUR BERNARD

Pour toi, quand je serai dehors, prends soin de bien rôder partout, et d'observer exactement ce qui se passera dans le logis.

LUCAS

V'ià qui est bien, vous n'avez qu'à dire.

MONSIEUR BERNARD

Le jardinier est-il rentré ?

LUCAS

Il faut bien qu'il le soit, car le v'ià lui-même.

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