SCÈNE XIX
ANGÉLIQUE
Que VOUS alliez, tout au plus vite^ au rendezvous que Ton vient de vous procurer.
DORANTE
Ah! de grâce, parlons sérieusement, je vous prie.
LISETTE
On vous parle sérieusement aussi^ il faut y aller.
l'olive.
Pour moi, je ne demande pas mieux.
DORANTE
Adorable Angélique, profitons d'une occasion si favorable : il s'agit de me désespérer^ ou de vous déterminer à une fuite.
ANGÉLIQUE
Non, pour le parti de la fuite, ne vous attendez point que je le prenne. Ménageons votre fortune et ma réputation ; une affaire d'éclat perdrait l'une et l'autre : écrivez à votre famille, j'attends des nouvelles de la mienne.
DORANTE
Et aue deviendrai-je^ en attendant, moi. Madame ?
ANGÉLIQUE
Vous me dites que vous m'aimez, vous aurez le temps de me le persuader.
Après ce que vous avez dit à votre tuteur^ il ne faut pas que le jour me retrouve chez lui, ni dans le village.
ANGÉUQUE.
Au contraire : allez au rendez-vous, vous dis-je, et trouvez les moyens de mériter sa confiance.
DORANTE
Sa confiance. Madame ?
LISETTE
Oui, sa confiance. Vous avez de l'esprit et de l'amour, et vous ne comprenez pas ce qu'on vous conseille?
408 LE TUTEUB
l'olive.
11 faut que j'aie plus d'esprit que mon maître, assuréibent , car je comprends la chose à merveille, moi.
DORANTE
Mais expliquez-moi donc ?
l'olive.
Je vous expliquerai tout, suivez-moi seulement.
DORANTE
Je vous obéis aveuglément. Madame, quel prix recevrai-je de ma soumission ?
Eh! mort de ma vie, dépêchez-vous, on vous dira cela quand vous serez revenu.