‹ Théatre choisiChapitre 358 sur 496 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ÉRASTE

M'écrirez- VOUS ?

LISETTE

Peut-être.

MARIANNE

Si je le puis.

LISETTE

Ils n'auront jamais fait.

ÉRASTE

Si je suis seulement deux heures, sans apprendre de vos nouvelles...

LISETTE

Vous ne vous en irez pas ?

MARIANNE

Ne faites point d'extravagance.

LISETTE

Eh ! mort de ma vie ! voilà votre père sur nos talons.

MONSIEUR BERNARD, THIBAUT

MONSIEUR BERNARD

Ah ! bourreau, (ju 'as-tu fait ? Et tu as l'eflfronterie de me le venir dire toi-même ? Coquin, ne t'avais-je pas donné ordre...

THIBAUT

Eh bien ! d'accord, vojis m'avez baillé ordre que je ne laississe entrer pplrsonne dans la maison, et votre femme m'a baillé ordre que je laississe \ entrer tout le monde : comment diable voulezvous que je fasse?

MONSIEUR BERNARD

Que tu m'obéisses, traître !

THIBAUT

Eh morguoi ! de quoi vous boutez-vous en peine ? Ce n'est pas vous qu'ils demandont : c'est elle.

MONSIEOR BERNARD.

Eh ! c'est par cette raison-là, maroufle...

THIBAUT

Tenez, Monsieur, j'aime mieux vous chagriner que votre femme ; et quoique vous soyais bien diable, aile est, morgue, sans comparaison, plus diable que vous, quand elle s'y met.

Il faut pourtant que je mette ordre à tout ceci. Yiens-çà : parle-moi un peu. Ëcoute...

THIBAUT

\ Mais ne nous boutons donc point en colère, Wous êtes toiijours de mauvaise h^eur !

MONSIEUR BERNARD

Qui sont ces gens qui viennent d'arriver ?

THIBAUT

Oh! ventregué! après ceux-là, il faut tirer l'échelle, et ce sont les plus belles philosomies de personnes, que j'aie jamais vues.

MONSIEUR BERNARD

Combien sont-ils ?

THIBAUT

Quatre : deux gros Monsieux, qui m'ont la mène d'aimer bien la joie, avec deux belles dames, qui ne la haïssont pas, je crois.

MONSIEUR BERNARD

Tu ne sais comme on les appelle ?

THIBAUT

Non ; mais ils sont venus dans un biau carrosse tout doré, avec six gros chevaux, et je ne sais combien de laquais derrière.

MONSIEUR BERNARD

Et tout cet équipage est chez moi ?

Non ; le cocher est allé bouter le carrosse sous queuque hangar , dans le village , car tous les vôtres sont pleins de jarbes ; mais il ramènera les chevaux, et j'ai dit c^ue vous aviais une belle étable, où il en tiendrait plus de vingt-quatre.

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