SCÈNE YIl
MONSIEUR GRIFFÂRD.
Vraiment, il a bon moyen de vous en envoyer ; et leurs valets en sont si chargés, qu'ils ne sauraient marcher.
MONSIEUR BERNARD
Mais, ne suis-je pas bien misérable de me voir ainsi piller de tous les côtés, et d'avoir une ca- 1 rogne de femme qui veut encore que je fasse? bonne mine, malgré que j'en aie! Mon pauvre Monsieur Griffard...
MONSIEUR GRIFFARD.
Monsieur?
MONSIEUR BERNARD
Il faut que tu m'aides à remédier à tout ceci, mon enfant.
MONSIEUR GRIFFARD.
Volontiers, Monsieur, et le cœur me saigne de voir manger votre bien par mille gens, qui croient encore vous faire trop d honneur.
MONSIEUR BERNARD
Cela est horrible ! mais n'y a-t-il point quelque bon moyen, pour faire finir tout cela?
MONSIEUR GRIFFARD.
Je ne viendrais jamais ici, si j'étais en votre place.
MONSIEUR BERNARD
Oui ; mais ma femme y serait toute seule , et v ce serait bien pis encore, elle mettrait tout par | écuelles.
MONSIEUR GRIFFARD.
C'est bien dit. Que ne vous défaites-vous de cette chienne de maison, aussi?
MONSIEUR BERNARD
Je ne trouve point à la vendre, elle est trop décriée, et j'ai fait une grande sottise de l'acheter.
MONSIEUR GRIFFARD.
D'accord. Attendez. Faites- moi ôter tous les meubles, et n'en laissez dans le logis que ce qu'il faut pour vous nécessairement.
MONSIEUR BERNARD
Eh I ne Vai-je pas déjà voulu faire ? mais cela n'a servi de nen.
MONSIEUR GRIPFARD.
On ne resterait point à coucher chez vous, et les gens qui viendraient vous voir, n'y viendraient qu'en passant du moins.
MONSIEUR BERNARD
Point du tout. Ma coquine les fait rester, et tout le monde couche dans ma grange comme par divertissement. J'en suis pour ma paille et mon blé ; et auand je m'en fâche, elle me dit que je suis un Drutal, et que je ne sais pas vivre.
MONSIEUR GRIFFARD.
Oh bien ! Monsieur, je n'y sais donc qu'un remède.
MONSIEUR BERNARD
Et quel est-il î Parle.
Je mettrais le feu à la maison; je crois que vous gagneriez encore. Mais, qui est ce Monsieur-là ?
MONSIEUR BERNARD
Je ne le connais point.