MONSIEUR ET MADAME BERNARD, LE MARQUIS
MONSIEUR BERNARD, bos à Madame Bernard.
Morbleu! Madame, vous êtes cause que je ne ^ suis pas le maître chez moi.
MADAME BERNARD
Ne deviendrez-vous jamais raisonnable ?
LE MARQUIS
Il est bon homme, le baron. Un peu trop façonnier d'abord, cela n'est point du goût du siècle. Vivent, vivent morbleu les gens de chez nous, pour être francs et généreux ! Depuis que je suis à Paris, j'ai réformé moi seul la moitié de la cour.
MADAME BERNARD
Vous êtes de l'humeur du monde la plus agréable.
LE MARQUIS
Toujours un pied en l'air... Et donc, ces belles ; qu'en avez-vous fait ?
MADAME BERNARD
Elles sont encore au jeu, et Marianne joue pour moi.
LE MARQUIS
Vous avez cpielques affaires ensemble, Madame : au moins, pomt de dépense superflue, nous avons plus d'un jour à vivre ensemble.
MADAME BERNARD
Que vous êtes badin !
MONSIEUR BERNARD
Le pauvre enfant !
LE MARQUIS
Non, sans façon. La pièce de boucherie^ cela suffît. Vous avez la basse-cour, le gibier ne vous mancjue pas ; il ne vous faut point d autre extraordinaire. Adieu.
MONSIEUR BERNARD
Si j'étais bien le maître, tu n'aurais pas seulement du pain des valets!