‹ Théatre choisiChapitre 379 sur 496 · MARIANNE, LE COUSIN, LISETTE · texte numérisé non relu

MARIANNE, LE COUSIN, LISETTE

LE COUSIN

Et OÙ allez-vous comme ça, ma cousine? Venezça, venez-ça, j*ai quelque chose à vous dire, qui vous fera bien rire.

LISETTE

Laissez-la aller, elle n'a pas le temps.

LE COUSIN

Oh ! si fait ! si fait !

MARIANNE

Dépêchez-vous donc, mon cousin.

LE COUSIN

J'ai trouvé, en arrivant ici, un petit jeune Monsieu, que j'ai vu quelquefois avec vous.

Paix ! mon cousin.

LISETTE

Mort de ma vie, ne parlez pas de cela !

LE COUSIN

Oh ! je me doute bien qu'il n'en faut rien dire devant le monde ; et je vous ai fait sigtie, je ne sais combien de fois là-haut, que j'avais à vous parler en cachette.

MARIANNE

Je ne m'en étais point aperçue.

LE COUSIN

Je suis secret, voyez-vous. Demandez, demandez à mes sœurs^ j'ai toujours su leurs petites affaires, et si je h'en ai jamais rien dit, ni a mon père, ni à ma mère...

MARIANNE

Oh ! mon cousin Ghonchon est un bon enfant.

LISETTE

Eh bien ! vous a-t-il reconnu, ce Monsieur?

LE COUSIN

S'il m'a reconnu ! il m'a tant fait de caresses, il m*a tant embrassé... Allez ! ce garçon-là m'aime bien, ma cousine.

Oh ! je le crois, mon cousin. Mais ne vous a-t-il rien dit?

LE COUSIN

Il m'a demandé où j'allais. Je lui ai dit que je venais ici. Il m'a dit que j'étais un petit fripon, qui me divertissais bien, et que j'avais toute la mine de ne vouloir pas que mon cousin me vit seulement. Il prenait ma sœur pour quelque maîtresse, que je menais promener en catimini,

MARIANNE

Eh bien, mon cousin ?

LE COUSIN

Eh bien I ma cousine, il a voulu parier dix pistoles, que ^e n'y venais pas, et j'ai parié que j'y venais, moi. L'honneur de ma sœur y était engagé, voyez-vous.

LISETTE

Assurément.

LE COUSIN

Je lui ai dit qu'il n'avait qu'à me faire suivre, mais il n'a pas voulu; et, pour plus de sûreté, il m'a dit qu'il allait m'attenare à cette petite porte du jardin, qui donne dans les champs, et que si je ressortais par là, il verrait bien que je serais entré dans la maison.

MARIANNE

Eh bien^ mon cousin ?

LE COUSIN

EJbi bien ! l'ai été ouvrir la porte, il est entré, et il m'a payé les dix pistoles.

Cela est bien honnête.

LE COUSIN

Oui, mais il a voulu avoir sa revanche.

LISETTE

Et comment, sa revanche?

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