DORANTE, TROIS HOBEREAUX, THIBAUT
DORANTE
Soyez les bienvenus, Messieurs. Qu'on mette les chevaux de ces Messieurs à l'écurie.
PREMIER HOBEREAU
Savez-vous que vous êtes bien logé?
DORANTE
La maison est assez agréable.
DEUXIÈME HOBEREAU
Et le fief est bien noble, qui plus est.
DORANTE
Oui, la terre est fort belle.
DEUXIÈME HOBEREAU
Eh ! à qui le dites-vous ? Cette maison-ci devrait être a moi ; et c'est feu mon ç^nd-père qui l'avait vendue au père de celui qui Ta vendue à Monsieur votre père.
DOBANTE.
Je crois bien. Ça, Messieurs, ne parlons point aujourd'hui d'affaires, et ne songeons ce soir qu'à nous divertir. Où sont donc ces autres Messieurs?
TROISIÈME HOBEREAU
Ils n'arriveront d'une bonne heure ; et comme leurs iuments sont pleines^ ils n'ont jamais voulu les galoper.
DORANTE
Ne voulez-vous point vous débotter ?
PREMIER HOBEREAU
Non, s'il vous plsdt, ma botte me tient la jambe fraîche.
Est-ce que vous êtes botté à cru ?
PREMIER HOBEREAU
Savez-vous bien qu'en été il n'y a rien de meilleur?
DEUXIÈME HOBEREAU
Moi, je trouve qu'il n'y a rien de si commode que de ne se botter qu'avec des guêtres.
DORANTE
Vous avez raison. Mais mon père, quel équipage est-ce là ?
SCiÈNE XXX