SCÈNE VI
BELINDE.
Le voilà» Monsieur le Musicien, chantez<le avec attention, je vous prie ; nous allons vous écouter de môme.
LE CHEVALIER
Oui, tendrement, là, beaucoup de chromatique.
MONSIEUR TOUVENELLE Chaute.
Vendetta I Gupido t yendetta su, su I
Deht scocca strali
Ai coipi mortali,
Punisci,
Ferisci,
Quel impio traditor
Amante infido : si si no tardar piû ;
Ma i^aarda, 6 Dio,
Bi non tocar gl' il cor,
Ghe quello è mio.
Vendetta! etc.
LE CHEVALIER
Voilà de belle et bonne musique, et le musicien qui a fait cela n'est pas un sot.
LE BARON
Nenni ! vraiment, cela fredonne bien.
LE CHEVALIER
Écoutez-moi, après cela, votre musique de la comédie? Quelle différence!
MONSIEUR TOUVENELLE.
Elle est du même auteur, Monsieur.
BELINDE.
Gomment I du môme...
MONSIEUR TOUVENELLE.
Oui, Madame, Tair qu'a chanté Monsieur le Chevalier, et votre air italien sont de Monsieur Gilliers, qui a fait les airs de la comédie...
LE CHEVALIER
Oh ! en ce cas-là, la musique est bonne ; je ne l'abandonne plus. Allons, morbleu I Monsieur de Fonsecq, la musique adoucit les hôtes les plus féroces, laissez-vous adoucir, et allons tous quatre nous mettre dans quelque fond de loge, où vous écouterez la comédie, et où je dormirai, moi, sur ma parole I
Fin du Prologue.