ACTE m, SCÈNE VII
MERLIN
Et comment voulez-vous que je fasse, Madame? Je vois mon maître à la veille de n'avoir rien. Monsieur son père donne tout son bien à Mademoiselle votre fille, je ne sais pas si vous le savez ; mais on vient de me le dire tout à Theure.
11 donne tout son bien à Angélique ?
On le dit comme cela, du moins. Si vous faisiez de même encore pour mon maître, passe, nous nous verrions quelc^e cbose d'assuré ; mais, sans cela, vous voyez bien crue deux cent mille francs sont bons à gagner, franchement. Rendez-moi mon billet, je vous prie.
Je ne té Ib rendrai point.
MERLIN
Eh bien, je le dirai par cœur, j'ai la mémoire bonne : Madame la marquise des Fontaines, n'est-ce pas ?
Arrête, Merlin, j'aime mieux donner à ton maître tout ce que je possède, que de m'exposer au chagrin de le voir a une autre.
MERLIN
C'est quelque chose encore : j'aime à entendre parler comme cela.
Je signerai tout ce qu'il voudra.
MERLIN
Eh bien ! je ne dirai donc rien des deux cent mille francs : voilà cependant près de vingt mille écus que nous perdons à ce marché-là.
J'ai dit à Monsieur Oronte de faire venir ici son notaire.
MERUNi*
Fi, Madame. Il vous faut un jeune notaire pour dresser votre contrat, les jeunes portent bonheur^
ne vous mettez en peine de rien, j'aurai soin de vos affaires et de celles de Monsieur Oronte. Je vais de ce pas chercher ce qu'il vous faut, et voilà mon maître tout à propos, qui vous tiendra compagnie en mon absence. A Valère : Tout va bien, Angélique sera bientôt notre femme.