JULIEN, JULIENNE, LÉPINE, MADAME AGATHE
JULIENNE
Ah ! ah ! te voilà, je pense ? et de quoi t'avises-tu de revenir ici, bon vaurien ?
JULIEN
Madame Julianne?
LEPINE.
Voilà un mari bien reçu chez lui I
On disait que vous étiez mort, Monsieur Julien, cela n'est donc pas?
JULIEN
Non, vraiment, je ne le sis pas.
JULIENNE
Eh ! pourquoi ne l'es-tu pas, dis ? Je ne sais qui me tient que je ne te dévisage !
LÉPINE
Eh ! là ! là I sans emportement.
JULIEN
Vêla toujours de vos magnières, Madame Julianne ?
JULIENNB, pleurant.
Il vaudrait bien mieux pour moi que tu le fusses, que non pas de mener la vie que tu mènes.
Oh ! pour cela, Monsieur Julien, vous êtes un méchant homme d'abandonner comme ça, tous les ans, une pauvre femme qui vous adorerait^ si vous étiez raisonnable.
jULiENiNE, pleurant.
Vous savez mieux que parsonne, ma commère, toutes les pièces que ce libartin-là m*a faites, et si pourtant l'autre jour, quand on nous vint dire qu'il était défunt, queule inquiétude est-ce que ça me donnit? je vous en fais juge.
Et moi , ma commère ? Il fallait nous voir : nous étions toutes deux dans des impatiences de savoir ce qui en était. L'incertitude de ces choseslà fait bien souffrir une pauvre femme. Monsieur de Lépine !
LÊPINE.
Cela est vrai ; tout le monde était d'une affliction... Vous êtes furieusement aimé, Monsieur Juhen ! et quand vous êtes arrivé, je m'en allais chercher les ménétriers, pour nous aider ce soir à consoler tout le village.
JULIENNE
Ne suis-je pas bien malheureuse ?
JULIEN
Entrons dans la maison. Madame Julianne, et nous parlerons...
JULIENNE
Dans la maison ? Oh ! ne t'avises pas d'y mettre le pied ! je ne veux pas que tu en approches. Si tu regardes la porte seulement...
JULIEN
Comment? comment donc? Qu'est-ce que cela signifie ?