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SCÈNE XIV

CHARLOT

Oh ! pour ce qui est d'en cas de ça, je le veux bian. Si Colette m'échappe, je me baille à vous par désespoir ; vêla qui est fini.

Par désespoir ! Je ne te devrais qu'à ton désespoir ?

CHARLOT

Tatigué, qu'importe à qui ? Vous ne vêlez que m'avoir, une fois ? vous m'aurais, et je vous baillerai la préférence sur Madame Julianne, qui me marchande itou.

La commère Julienne est amoureuse de toi ?

CHARLOT

Oui, aile me mitonne, pour en cas qu'aile soit veuve ; mais queuque sot, je ne m'y frotte pas. Drès que je serions mariés, aile en mitonnerait peut-être queuqu'autre, pour être veuve de moi. Je n'aime, morgue, point ces prévoyeuses-là, Madame Agathe !

Et tu as bien raison .

CHARLOT

Tatigué ! je ly en veux plus qu'à une autre, à c't'elle-là, c'est elle qui fait le mariage de Colette.

Toujolipps Colette. Cela te tient bien au cœur, petit vilain ?

CHARLOT

J'en serais plus d'à-dcmi consolé, si aile épousait queuque autre que cet houberiau, et que je trouvisse la magnière de me venger de Madame Julianne. Morguenne ! aidez-moi à ça. Madame Agathe ?

Très volontiers; mais, comment s'y prendre?

CHARLOT

Comment? morguenne, allons demander conseil à Monsieur le Bailli : c'est bian le meilleur homme, le plus honnête, le plus habile homme,

pour faire du mal à queuqu'un dà. Il sait, morgue^ sur le bout du doigt toutes les rubriques de la justice.

Ça n'est pas mal imaginé. Allons, viens !

CHABLOT.

Non, ne bougeons : le vêla ]y-même tout à point, comme si je l'avions mandé. Sarviteur, Monsieur le Bailli.

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