JULIENNE, MADAME AGATHE, CHARLOT
JULIENNE
Allons ! gai î gai ! mes enfants, allégresse I Ma commère, Julian est redécampé, je ly avons fait peur, et vêla nos parents et nos amis qui s'en allont venir aux fiançailles ; je ferons notre noce tout à gogo, sans rabat joie.
CHARLOT
Oh ! pargué, je gage que non ! il faudrait pour ça, qu'il ny eut point de Chariot, ni de Bailli, Madame Julianne. Mais, Dieu marci, je ne sis pas noyé, moi ; tatigué, que je l'ai échappé belle !
JULIENNE
Tu n'es pas noyé? vraiment, je le vois bian.
CHARLOT
Non, tatigué ! je ne le sis pas, ni le Bailli nan plus, je vous en avartis.
JULIENNE
Quand il le serait, il n'y aurait pas grand dommage; mais voyez ce qu'il veut dire avec son noyé ! est-ce qu'il a perdu l'esprit, ma commère ?
Dame I acoutez, si c'ti-là est fou, Monsieur le Bailli n*esl pas trop sage ; ils disont comme ça tous deux que vous avez fait noyer votre mari.
JULIENNE
Je l'ai fait noyer, moi ! Vous venez de le voir, ma commère ?
Ça est vrai, je l'ai vu, mais le Bailli dit que non, et Chariot dit de même, et comme ils sont deux contre un, je ne sais qu'en croire.
Tu oses dire ça, toi?
CHARLOT
Parguenne, oui, je l'ose dire, et je sis sûr que ça est, j'en bouterais, morgue, la main au feu.
JULIENNE
Ah ! le malheureux !