SCENE XXIII
JULIEN
Comment ! tatigué, queu changement! Julianne est devenue bonne femme ! En vous remarciant, Monsieur le Bailli, je n'avons plus que faire de vos écritures.
LE BAILLI
Comment! Eh! qui êtes-vous donc, mon ami, vous qui raisonnez?
JULfEN.
Qui je sis? Eh! pargué, je sis moi ! Avez-vous la barlue ?
LE BAILLI
Eh ! qui, vous? Je ne vous connais point!
JULIEN
Morgue, tant pis pour vous ! Vous êtes plus malade que je ne vous croyais, pisque vous avez pardu connaissance.
JULIENNE
Vous ne reconnaissez pas mon mari. Monsieur le Bailli ?
LE BAILLI
Ce ne Test point-là, Madame Julienne.
Ce n'est point-là le compère Julien ?
LE BAILLI
Non, il y a plus de trois semaines qu'il est noyé.
JULIEN
Je sis noyé ? moi ? Palsangué ! vous en avez menti, Monsieu le Bailli !
LE BAILLI
11 y a un bon procès-verbal qui certifie le fait.
JULIEN
Oh ! tatigué ! je çartifîe le contraire.
JULIENNE
Et je nous gaussons du procès-verbal.
LE BAILLI
C'est ce qu'il faudra voir.
Écoutez, Monsieur le Bailli, vous vous engagezla dans une affaire...
LE BAILLI
Le meunier est noyé, cela aura des suites.
JULIEN
Oh* bian ! morgue , si je sis noyé, c'est vous qu'il faut pendre, car c'est de votre façon, puisqu'il faut tout dire.
CLITANDRE
Comment de sa façon ?
JULIEN
Oui, voirement, c'est ly qui m'a conseillé de laisser croire ça pour faire pendre Julianne.
JULIENNE
Pour me faire pendre? tu as eu ce cœur-là, cher petit mari ?
JULIEN
Morgue ! je ne l'ai pas eu longtemps ; comme tu vois, je sis sans rancune. Ne me fais plus enrager, je n'irai plus à Nemours ; vivons bian ensemble : la justice en aura un pied de nez, et si, aile ne le boutera morgue pas dans nos affaires !