‹ Théatre choisiChapitre 54 sur 496 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LISETTE, à part à Angélique.

Quel pèlerinage va-t-elle faire?

ANGÉLIQUE

Je ne sais.

DORIMÈNE

A quoi rêvez- vous?

TOPASE.

Ce n'est point la somme qui m'embarrasse ; et, Dieu merci, nous sommes en état, mes correspondants et moi, de faire tous les jours de plus grosses affaires ; mais les bijoux que vous avez envoyés ce matin chez moi, ne valent point, à beaucoup près, l'argent que vous en voulez avoir; et vous savez. Madame, que dans le temps où nous sommes, on ne se charge guère de bijoux qu'on ne les ait à grand marché.

DORIMENE.

Bons dieux! Monsieur Topase^ que vous faites le difGcile, comme si nous ne savions pas de quel profit vous sont les bijoux, et combien vous faites votre compte à les vendre trois fois plus qu'ils ne valent aux jeunes gens de famille, qu'on vous adresse quand ils ont affaire d'argent.

TOPASE.

Cela va bien changer. Madame ; le lansquenet défendu nous coupe la gorge, et voilà le commerce ruiné en France.

DORIMÈNE

Cela est vrai, Paris va devenir désert assurément, si l'on ne réforme cette défense.

TOPASE.

Paris? Paris verra ce qu'il perd, en nous perdant surtout.

ANGÉLIQUE, (os à Lisûtte.

Ah 1 bons dieux ! Lisette, aurait-elle fait dessein d'aller demeurer à la campagne?

LISETTE

J'en meurs de peur, aussi bien que vous.

DOUMENB.

Mo]\ pauvre Monsieur Topase, mon départ ne peut être trop prompt à ma fantaisie. Fmissons notre affaire le plus tôt que nous pourrons.

TOPASE.

RelAchez-vous de quel<|ue chose, Madame, et nous n'aurons pas de peine à conclure. Je vous fournirai les auinze mille livres, en belles et bonnes lettres ae change, payables à vue.

DORIMBNE.

Je passerai chez vous cette après dinée, et nous terminerons toutes choses.

TOPASE.

Je vous attendrai, Madame.

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