‹ Théatre choisiChapitre 64 sur 496 · DORIMÈNE, LA COMTESSE, L'INTENDANTE, LE CAISSIER, CLITANDRE · texte numérisé non relu

DORIMÈNE, LA COMTESSE, L'INTENDANTE, LE CAISSIER, CLITANDRE

LE CAISSIER

Comment donc. Madame! Est-ce que l'on ne joue pas aujourd'hui? Je ne vois point de carosses a votre porte, personne dans le logis. Qu'est-ce que cela Te ut dire ?

LA COMTESSE

Monsieur, faites-nous justice de cette défense-là.

Faites-moi raison , Monsieur , du procédé de Madame, qui ne reut plus que Ton joue chez elle au lansquenet, de peur qu'il ne lui en coûte mille écus. Gela se doit-il faire, Monsieur^ et n'est-ce pas une chose qui crie vengeance ?

LE CAISSIER

Il n'y aurait plus ici de lansquenet! Oh I parbleu ! je prétends bien* qu'on y joue, moi, et nous verrons si j'en aurai le démenti.

CUTANDRK.

Ah! ah! voici un homme d'un assez plaisant caractère.

DORIMÈNE

Monsieur ! Monsieur Surat ! vous vous oubliez ; et vous devriez un peu songer (ju'on ne parle point de la sorte dans une maison comme la mienne.

LE CAISSIER

Oh ! ventrebleu ! Madame, on y jouera comme de coutume, ou je ferai beau bruit pour mon argent, je vous en réponds.

DORIMÈNE

Qne voulez-vous donc dire, pour votre argent?

LE CAISSIER

Oui, Madame, pour mon argent ; morbleu ! je suis ruiné si l'on ne joue ; mais, ventrebleu ! vous jouerez les uns et les autres jusqu'à ce que je sois payé de ce qui m'est dû. Je suis au désespoir, voyez- vous, et j'ai déjà voulu me pendre trois fois depuis ce matin.

Le pauvre diable ! il me fait pitié.

LE CAISSIER

Monsieur, Monsieur Glitandre, vous. Madame la comtesse, et vous. Madame, je vous en fais les juges, s'il vous plaît. Vous êtes des personnes raisonnables, et vous savez avec quelle bonne foi j'ai prêté mon argent au tiers et au quart depuis près de deux ans.

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