SCÈNE XIII
DORIMÈNE, LA COMTESSE, L'INTENDANTE, LE CHEVALIER, ANGÉLIQUE, CLITANDRE, DORANTE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN.
LE CHEVALIER
Qh ! cadedis ! vous êtes un fripon vous-même !
i'\i^ DORIMÈNE.
Quel bruit entends-je?
LA COMTESSE
C'est la voix du chevalier.
ANGÉLIQUE
Qu'est-ce donc. Monsieur, quel désordre est ceci?
MERLIN
Un coquin, qui file la carte.
LE CHEVALIER
Un maraud, qui porte à l'écart.
ÉRASTE
Qu'est-ce que ceci veut dire ?
MERLIN
Cela n'est pas bien, Madame, de souffrir des fripons dans votre maison !
LE CHEVALIER
Tais-toi, misérable! Vous avez grand tort, Dorante, de produire ici des gens de ce caractère.
DORANTE
Je vous demande pardon, Monsieur le chevalier; mais je vous crois aussi honnêtes gens l'un que Vautre.
MERLIN
Moi, Monsieur, je ne voudrais pas changer ma conscience contre la sienne.
LE CHEVALIER
Un gueux, qui a vingt fois mérité les galères ; car je te remets à présent, je t'ai reconnu à ta manière. C'était toi qui faisais le marchand de via dans le carrosse de Dijon.
UERLIN.
Et toi, le marchand de hœufs; je m'en souviens.
LE CHEVALIER
Va, souviens-toi plutôt de la manière dont tu sortis de Rouen, où l'intendant te voulait faire pendre.
MERLIN
Et toi, des coups de hâton qu'on te donna à Auxerre, pour avoir filouté mille écus au fils de ce marchand de marée.
ÉRASTE
Voilà des circonstances fâcheuses.
LE CHEVALIER
Eh! Messieurs, chassez cet insolent, je vous prie.
MERLIN
Je ne me le suis pas remis d'ahord, mais je le reconnais à sa ringrave. Voyez- vous cette grande culotte ? Vous ne lui en avez jaoàais vu d'autre, je gage?
l'intendante
Je ne l'avais pas encore remarqué.
LE chevalier.
Nous sommes tons intéressés à ne pas souffrir ce maraud davantage dans une si honnête compagnie.
D0R1MÈNE
A quoi se terminera tout ceci ?
MERLIN
Voyez, voyez, sous sa ringrave. Madame !