SCÈNE V. — MÉROPE, EURYCLÈS, ISMÉNIE
EURYCLÈS
Madame, je reviens en tremblant devant vous : Préparez ce grand cœur aux plus terribles coups ; Rappelez votre force à ce dernier outrage.
MÉROPE
Je n'en ai plus ; les maux ont lassé mon courage : Mais n'importe ; parlez.
EURYCLÈS
C'en est fait; et le sort...
Je ne puis achever.
MÉROPE
Quoi ! mon fils?...
EURYCLÈS
Il est mort.
Il est trop vrai : déjà cette horrible nouvelle Consterne vos amis et glace tout leur zèle.
MÉROPE
Mon fils est mort !
O dieux !
EURYCLÈS
D'indignes assassins \ Des pièges de la mort ont semé les chemins. \ Le crime est consommé.
MÉROPE
Quoi ! ce jour, que j'abhorre.
Ce soleil luit pour moi ! Mcrope vit encore !
III n'est plus ! Quelles mains ont déchiré son flanc? Quel monstre a répandu les restes de mon sang?
EURYCLÈS
Hélas ! cet étranger, ce séducteur impie. Dont vous-même admiriez la vertu poursuivie. Pour qui tant de pitié naissait dans votre sein. Lui que vous protégiez ! . . ,
MÉROPE
Ce monstre est l'assassin?