‹ Théâtre choisi illustréChapitre 163 sur 191 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

J'av.'\is dit à vos pieds la simple vérité ;

J'avais déjà fléchi votre cœur irrité ;

Vous étendiez sur moi votre main protectrice :

Qui peut avoir sitôt lassé votre justice?

Et quel est donc ce sang qu'a versé mon erreur?

Quel nouvel intérêt vous parle en sa faveur?

MÉROPE

Quel intérêt? barbare !

ÉGISTHE

Hélas ! sur son visage J'entrevois de la mort la douloureuse image : Qus.j'eiL5ui*~at.tÊûâlLl JlfLur^is voulu cent fois Racheter de mon sang l'état où je la vôîs^

MÉROPE

Le cruel ! à quel point on l'instruisit à feindre 1 Il m'arrache la vie et semble encor me plaindre !

{Elle se jette dans les bras d'Isménie.)

EURYCLÈS

Madame, vengez-vous, et vengez à la fois Les lois, et la nature, et le sang de nos rois.

ÉGISTHE

A la cour de ces rois telle est donc la justice ! On m'accueille, on me flatte ; on résont mon supplice ! Quel destin m'arrachait à mes tristes forêts? Vieillard infortuné, quels seront vos regrets? Mère trop malheureuse, et dont la voix si chère M'avait prédit...

MÉROPE

Barbare ! il te reste une mère I Je serais mèro encor sans toi, sans ta fureur. Tu m'as ravi mon fils.

Si tel est mon malheur.

S'il était votre fils, je suis trop condamnable. Mon cœur est innocent, mais marnain est coupable. Que je suis malheureux ! Le ciel sait qu'aujourd'hui J'aurais dojjné ma vie et pour vous^t pour lui.

VOH\tRE -- IlItATR» l-î

t92 — MfiROPE

MÊROPE

Quoi, traître ! quand ta main lui ravit cette armure...

ÉGISTHE

Elle est à moi.

MÉROPE

Comment? que dis-tu?

ÉGISTHE

Je vous jure Par vous, par ce cher fils, par vos divins aïeux. Que mon père en mes mains mit ce don précieux.

MÉROPE

Qui, ton père? En Élide? En quel trouble il me jette ! Son nom? parle, réponds.

ÉGISTHE

Son nom est Polyclète :

Je vous l'ai déjà dit.

MÉROPE

Tu m'arraches le cœur. Quelle indigne pitié suspendait ma fureur ! C'en est trop ; secondez la rage qui me guide. Qu'on traîne à ce tombeau ce monstre, ce perfide.

{Levant le poignard.) Mânes de mon cher fils ! mes bras ensanglantés...

NARBAS, paraissant avec précipitation.

Qu'allez-vous faire, ô dieux !

MÉROPE

Qui m'appelle?

NARBAS

Arrêtez I Hélas ! il est perdu, si je nomme sa mère. S'il est connu.

MÉROPE

Meurs, traître !

NARBAS

Arrêtez !

ÉGISTHE, tournant les yeux vers Narbas.

O mon père I

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