AVERTISSEMENT
On a imprimé Français par un a, et on en usera ainsi dans la nouvelle édition de la Henriade. Il faut en tout se conformer à Tusage, et écrire autant qu'on peut comme on prononce ; il serait ridicule de dire en ver,>, les François et les A nglois, puisqu'en prose tout ie monde prononce Français •. Il n'est pas même à croire que jamais cette dure prononciation, François, revienne à la mode. Tous 1<^ peuples adoucissent insensiblement la prononciation de leur langue. Nous ne disons plus la Roiue, mais la Reine. Août se prononce O-ût, etc. On dira toujours Gaulois et Français, parc* que l'idée d'une nation grossière inspire naturellement un son plus dur, et que l'idée d'une nation plus polie commviniquc à la voix im son plus doux. Les Italiens en sont venus jusqu'à retrancher Vh absolument. Chez les Anglais, la moitié des consonnes qui remplissaient leurs mots, et qui ks rendaient trop durs, ne se prononcent plus. En un mot tout ce qui contribue i rendre une lanjue plus douce sans afieotation doit être admis.
1 . Cet avcriisstment de Voltaire ne se trouve que dans l'édition de I73<S.
2. Jusqu'à Voltaire, en effet, on écrivait françoj'i, monno»>, j'aim^ù, etc. Il faut remarquer que cette orthographe avait une
valeur historique: on avait autrefois prononcé françmti, etc. La prononciation i était une prononciation populaire de Paris qui avait fini par prévaloir parmi les gen.'ï du oionde.
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