‹ Théâtre choisi illustréChapitre 68 sur 191 · I. Rejoindre : réunir · texte numérisé non relu

I. Rejoindre : réunir

80 — ZAÏRE

Dans sa férocité, ton cœur impitoyable De ce trait généreux serait-il bien capable? Parle ; à ce prix encor je bénis mon trépas.

OROSMANE, allant vers le corps de Zaïre.

CORASMIN

Hélas ! seigneur, où portez- vous vos pas? Rentrez, trop de douleur de votre âme s'empare ; Souffrez que Nérestan...

NÉRESTAN

Qu'ordonnes-tu, barbare ?

OROSMANE, après une longue pause.

'' Qu'on détache ses fers. Écoutez, Corasmin ;

Que tous ses compagnons soient délivrés soudain. Aux malheureux chrétiens prodiguez mes largesses ; Comblés de mes bienfaits, chargés de mes richesses. Jusqu'au port de Joppé* vous conduirez leurs pas.

CORASMIN

Mais, seigneur...

OROSMANE

Obéis, et ne réplique pas ; Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un Soudan qui commande et d'un ami qui t'aime ; Va, ne perds point de temps, sors, obéis...

{A Nérestan.) Et toi.

Guerrier infortuné, mais moins encor que moi, Quitte ces lieux sanglants ; remporte en ta patrie Cet objet * que ma rage a privé de la vie. Ton roi, tous tes chrétiens, apprenant tes malheurs. N'en parleront jamais sans répandre des pleurs. Mais si la vérité par toi se fait connaître. En détestant mon crime, on me plaindra peut-être. Porte aux tiens ce p>oignard, que mon bras égaré A plongé dans un sein qui dût m'être sacré ; Dis-leur que j'ai donné la mort la plus affreuse A la plus digne femme, à la plus vertueuse.

1. Aadcn nom de Jaifa. surtout dans U langue trapque, (e sens de

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