NOTICE HISTORIQUE ET ANALYTIQUE
j A tragédie tf'Alzire fut apportée à Paris en 1734, par M"« du J^ Châtelet, qui en fit quelques lectures. Un jeune poète, Lefranc de Pompignan, ayant eu connaissance dit sujet, composa une Zoraïde qui, pour le foiid, était analogue. Il la présenta au Théâtre-Français. Voltaire, inquiet de cette rivalité, avait hâte que sa pièce filt donnée la première. Lefranc l'y aida lui-même : fort arrogant, il refusa que son œuvre, examinée itne première fois par les comédiens, fût soumise à une seconde lecture et il la retira. Alzire passa donc dans toute sa "nouveauté. Elle fut jouée sur le Théâtre- Français le 27 janvier 1736 ; elle eut tout de suite un très grand succès : vingt représentations consécutives rapportèrent plus de 53.000 livres. La critique plaça Alzire ati premier rang. La Harpe écrivait sur cette tragédie : « ... Grâce au choix du sujet et à la manière dont l'auteur l'a embrassé, les nueurs, les caractères, les passions, les discours des personnages, sortent de la sphère commune et mêlent aux émotions qu'elle fait naître une admiration continuelle. » C'est que Voltaire avait tenté un effort nouveau, il avait opposé deux civilisations,, celh de l'Amérique et celle de l'ancien monde, et il avait essayé, non sans succès, de garder la couleur du sujet et de donner de l'éclat à son style.
Acte !•'. — Alvarez obtient de son fils Gusman, gouverneur du Pérou, la liberté des Américains qui sont tombés en son pouvoir. Leur roi Montèze et sa fille Alzire se sont convertis au christianisme. Gusman s'est épris d' Alzire et veut l'épouser. Montèze presse sa
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fille d' accepter cette union qui réconciliera V Espagne et l'Amérique. AJsire y consent, mais à regret^ car elk aime toujours Zamore, prince américain qui fut tué, dit-on, dans tme bataill-e et auquel elle était fiancée.
Acte II. — Zamore vit toujours. Mis à la torture et supplicié par Gusman, il avait été abandonné comme mort. Maintenant il vetit retrouver Alzire et rendre la liberté à sa patrie. Il reparaît devant Montèze, qui lui conseille de se soumettre et de se convertir à son exemple. Zamore, qui n'a rien pu apprendre du sort d' Alzire, s'apprête à lutter contre Gusman et les Espagnols.
Acte III. — Alzire vient d'époitser Gusman, elle gémit d'avoir trahi la mémoire de son fiancé, lorsque Zamore lui-même se présente devant elle. Ils apprenyient l'un de l'autre ce qui s'est passé. Gusman paraît et ordonne de conduire son rival au supplice, malgré les prières d'Alvarez, que Zamore autrefois avait épargné au plus fort d'un combat.
Acte IV. — Gusman vient de triompher des partisans de Zamore insurgés. Alvarez obtient de lui qu'il retard-e au moins le supplice de Zamore. Alzire le supplie à son tour en vain, truiis elle arrive à délivrer Zamore en corrompant son gardien. Zatnore demande à Alzire de s'enfuir avec lui ; liée par son devoir d'épouse, elle n'y peut consentir. Zamore s'éloigne, désespéré.
Acte V. — Zamore, à la faveur d'un déguisement, a pu parvenir jusqu'à Gusman et lui porter un coup mortel. Il est condamné à mort ainsi qu' Alzire, qu'on accuse d'être sa complice. Alvarez leur apporte un moyen suprême de salut, c'est que Zamore se JassecWrltien. Zamore refuse ; tous deux vont périr. Mais Gusman, au moment d'expirer, pardonne à son meurtrier et lui rend Alzire. Zamore, ému par tant de grandeur d'âme, se convertit.