SCÈNE III. — MONTÈZE
Dieu, destnicteur des dieux que j'avais trop servis. Protège de mes ans la fin dure et funaste ! Tout me fut enlevé, ma fille ici me reste : Daigne veiller sur elle et conduire son cœur !
SCÈXE IV. — MONTÈZE, ALZIRE.
MOXTKZE
Ma fille, il en est temps, consens à ton bonheur ;
Ou plutiât, si ta foi. si ton coeur me seconde,
__ Par ta félicité lais le bonheur du monde :
Protège les vaincus, commande à nos vainqueurs,
Éteins entre leurs mains leurs foudres de^structeurs ;
Remonte au rang des rois, du sein de la misère ;
Tu dois à ton état plier ton caractère :
Prends un cceur tout nouveau ; viens, obéis, suis-moi,
Et renais Espagnole, en renonçant à toi. ■^
Sèche tes pleurs, AIzire, ils outragent ton p>ère. ' -
ALZIRE
Xput mon sang est à voxis ; mais si je vous suis chère, Voyez mon désespoir, et Usez dans mon cœur.
MOKTjÈZE
Non, je ne veux plus voir ta honteuse douleur : J'ai reçu ta parole, il faut qu'on l'accomplisse.
ALZIRE
Vous m'avez arraché cet afireux sacrifice.
Mais quel temp>s, justes cieux, pour engager ma foi !
Voici ce jour horrible où tout périt pour moi.
Où de ce fier Gusman le fer osa détruire
Des enfants du Soleil ' le redoutable empire !
t. Le Pérou, avant U cooqoète eipa- frtaieat adorés coiaaje di«us ^jrès leor gao^ fuit gouverné par te dynastie do mort. Souvcratos et poatJses à ta U1l\ ils lacos q'4 se disaifot issos du Sotell ^ pestaient eeuU daos le temple du SoieU.
108 — ALZIRE Que ce jour e^t marqué par des signes afifr^ux
MONTÈZE
Nous seuls rendons les jours heureux ou malheureux. Quitte un vain préjugé, l'ouvrage de nos prêtres. Qu'à nos peuples grossiers ont transmis nos ancêtres.
ALZIRE
Au même jour, hélas ! le vengeur de l'État, Zamore, mon espoir, périt dans le combat ; Zamore, mon amant, choisi pour votre gendre !
MONTÈZE
J'ai donné comme toi des larmes à sa cendre : Les morts dans le tombeau n'exigent point de foi ; Porte, porte aux autels un cœur maître de soi : D'un amour insensé pour des cendres éteintes Commande à ta veitu d'écarter les atteintes.
dois ton âme entière à la loi des chrétiens. Dieu t'ordonne pai" moi de former ces liens. II t'appelle aux autels, il règle ta conduite ; Entends sa voix.
.\LZIRE
Mo!i père, où m'avez-vous nxlnite?
Je sais ce qu'est un père, et quel est son pouvoir ; M'immoler quand il parle est mon premier de\oir, Et mon obéissance a passé les limites Qu'à ce devoir sacré la nature a prescrites. Mes yeux n'ont jusqu'ici rien vu que par vos yeux : Mon cœur changé par vous abandonna ses dieux ; Je ne regrette point leurs grandeurs terrassées. Devant ce Dieu nouveau comme nous abaissées. Mais vous qui m'assuriez, dans mes troubles cruels, Que la paix habitait au pied de ses autels. Que sa loi, sa morale, et consolante et pure. De mes sens désolés guérirait la blessure. Vous trompiez ma faiblesse. Un trait toujours vainqueur Dans le sein de ce Dieu vient déchirer mon cœur : Il y porte une image à jamais renaissante ; Zamore vit ©ncoro au coeur de son amante. Condamnée, s'il le faut, c«s justes sentiments. Ce f«u victorieux de la mort et du ttmos.