Var. :.. . qui m'aime
ALZIRE
Que puisse seulement la colère céleste
Ne pas rendre ce jour à tous les deux funeste !
Vous voyez quel effroi me trouble et me confond :
Il parle dans mes yeux, il est peint sur mon front.
Tel est mon caractère : et jamais mon v-isage
N'a de mon cœur encor démenti le langage.
Qui peut se déguiser pourrait trahir sa foi ;
C'est un art de l'Europe : il n'est pas fait pour moi.
GUSMAN
Je vois votre franchise, et je sais que Zamore Vit dans votre mémoire, et vous est cher encore. Ce cacique * obstiné, vaincu dans les combats. S'arme encor contre moi de la nuit du trépas. Vivant, je l'ai dompté : mort, doit-il être à craindre? Cessez de m'olïenser. et cessez de le plaindre ; >^ Votre devoir, mon nom, mon cceur, en sont blessés ; Et ce cœur est jaloux de5 pleurs que vous versez.
ALZIRE
Ayez moins de colère et moins de jalousie ;
Un rival au tombeau doit causer peu d'envie ;
Je l'aimai, je l'avoue, et tel fut mon devoir ;
De ce monde opprimé Zamore était l'espoir :
Sa foi me fut promise, il eut pour moi des charmes.
Il m'aima : son trépas me coûte encor des larmes.
Vous, loin d'oser ici condamner ma douleur,
Jugez de ma constance, et connaissez mon cœur ;
Et, quittant avec moi cette fierté cruelle.
Méritez, s'il se peut, un cœur aussi fidèle *.