‹ Théâtre choisi illustréChapitre 85 sur 191 · Var. :.. . qui m'aime · texte numérisé non relu

Var. :.. . qui m'aime

ALZIRE

Que puisse seulement la colère céleste

Ne pas rendre ce jour à tous les deux funeste !

Vous voyez quel effroi me trouble et me confond :

Il parle dans mes yeux, il est peint sur mon front.

Tel est mon caractère : et jamais mon v-isage

N'a de mon cœur encor démenti le langage.

Qui peut se déguiser pourrait trahir sa foi ;

C'est un art de l'Europe : il n'est pas fait pour moi.

GUSMAN

Je vois votre franchise, et je sais que Zamore Vit dans votre mémoire, et vous est cher encore. Ce cacique * obstiné, vaincu dans les combats. S'arme encor contre moi de la nuit du trépas. Vivant, je l'ai dompté : mort, doit-il être à craindre? Cessez de m'olïenser. et cessez de le plaindre ; >^ Votre devoir, mon nom, mon cceur, en sont blessés ; Et ce cœur est jaloux de5 pleurs que vous versez.

ALZIRE

Ayez moins de colère et moins de jalousie ;

Un rival au tombeau doit causer peu d'envie ;

Je l'aimai, je l'avoue, et tel fut mon devoir ;

De ce monde opprimé Zamore était l'espoir :

Sa foi me fut promise, il eut pour moi des charmes.

Il m'aima : son trépas me coûte encor des larmes.

Vous, loin d'oser ici condamner ma douleur,

Jugez de ma constance, et connaissez mon cœur ;

Et, quittant avec moi cette fierté cruelle.

Méritez, s'il se peut, un cœur aussi fidèle *.

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