CÈNE V : LUCILE, CIDALISE, CLITANDRE, MERLIN, LISETTE
CLITANDRE, à Merlin.
Mais voici la charmante Lucile et sa cousine.
LUCILE
Les démarches que vous me faites faire, Clitandre, ne peuvent tre justifiées que par le succès qu'elles vont avoir ; et je serais itièrement perdue dans le monde, si le mariage ne mettait n à toutes les parties de plaisir où je me laisse engager tous s jours.
CLITANDRE
Je n'ai jamais eu d'autres sentiments, belle Lucile ; et voilà otre amie qui peut vous en rendre témoignage. CIDALISE, à Clitandre,
Je suis caution de la bonté de votre cœur, et vous touchez Li moment de la justifier par vous-même. Mais moi qui n'entre Dur rien dans l'aventure, et qui n'ai point en vue de conclusion, ' uel personnage est-ce que je fais dans tout ceci? et que dira-t-on, i vous prie?
MERLIN, à Cidalise.
On dira qu'on se fait pendre par compagnie ; et par compagnie
ne tiendra qu'à vous de vous faire épouser : mon maître a mt d'amis ! vous n'avez qu'à dire.
LISETTE, à Cidalise.
Prenez-en quelqu'un, madame : plus on est de fous, plus on it. Allons, déterminez-vous.
MERLIN
Je me donne au diable, pendant que nous sommes en train, il me prend envie d'épouser Lisette aussi par compagnie, moi. C'est une chose bien contagieuse que l'exemple.
CLITANDRE, à LuCîle.
Je voudrais que le nôtre la pût engager à nous imiter ; et, j'ai un jeune homme de mes amis qui s'est brouillé depuis quelques jours avec sa famille.
MERLIN, à Cidalise.
Voilà le vrai moyen de le raccommoder. Le cœur vous en dit-il?
CIDALISE
Non ; ces sortes d'alliances-là ne me plaisent point. Je ne dépends de personne ; je veux prendre un mari aussi indépendant que moi.
MERLIN
C'est bien fait ; il n'est rien de tel que d'avoir tous deux la bride sur le cou. Mais voici votre marquis qui vient au rendezvous. Je vais voir si tout se prépare pour votre souper.