‹ Théâtre choisiChapitre 117 sur 178 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

GÉROiNTE

Que les quatre murailles ! Et ma belle tapisserie, qui me coûtait près de deux mille écus, qu'est-elle devenue?

LE MARQUIS

Nous en avons eu dix-huit cents livres ; c'est bien vendre.

GÉRONTE

Comment, bien vendre ! une tenture comme celle-là !

LE MARQUIS

Fi ! le sujet était lugubre ; elle représentait la brûlure* de Troie : il y avait là-dedans un grand vilain cheval de bois qui n'avait ni bouche ni éperons ; nous en avons fait un ami.

GÉRONTE, à Merlin.

Ah ! pendard !

LE MARQUIS

N'aviez-vous pas aussi deux grands tableaux qui représentaient quelque chose?

GÉRONTE

Oui vraiment ; ce sont deux originaux d'un fameux maître, qui représentent l'enlèvement des Sabines.

LE MARQUIS

Justement : nous nous en sommes aussi défaits, mais par délicatesse de conscience.

GÉRONTE

Par délicatesse de conscience !

LE MARQUIS

Un homme sage, vertueux, reUgieux comme monsieur Géronte ! Ah ! il y avait là une immodeste Sabine, décolletée, qui... Fi ! ces nudités-là sont scandaleuses pour la jeunesse.

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