I. E» récompense : en compensatloa
Je vous hais à la mort.
Et pourquoi?
AGATHE
Qui le sait?
On aime sans raison, et sans rciison on hait ^
LISETTE, à Albert.
Si l'aveu n'est pas tendre, il est du moins sincère.
ALBERT, à Agathe.
Après ce que j'ai fait, basilic, pour vous plaire !
LISETTE
Ne nous emportons point ; voyons tranquillement Si l'amour vous a fait un objet bien charmant. Vos traits sont effacés, elle est aimable et fraîche ; Elle a l'esprit bien fait, et vous l'humeur revêche ; Elle n'a pas seize ans, et vous êtes fort vieux Elle se porte bien, vous êtes catarrheux ; Elle a toutes ses dents, qui la rendent plus belle ; Vous n'en avez plus qu'une, encore branle-t-elle. Et doit être emportée à la première toux : A quelle malheureuse ici-bas plairiez-vous ?
ALBERT
Si j'ai pris pour lui plaire une inutile peine. Je veux, par la sambleu ', mériter cette haine. Et mettre en sûreté ses dangereux appas. Je vais en certain lieu la mener de ce pas. Loin de tous damoiseaux, où de son arrogance Elle aura tout loisir de faire pénitence. Allons, vite, marchons.
AGATHE
Où voulez-vous aller?
Vous le saurez tantôt ; marchons, sans tant parler.
I. Ce vers est imité du poète latin Catulle (86« épigramme). — 2. Par la sambleu, on pahambleu : juron aujourd'hui vieilli et qui sigaiâs : par le sang de Dieu ; conime sapristi ou sacristi : sang du Christ.
RSGNARD — I. J3