SCÈNE II : ALBERT, ÉRASTE
ALBERT, à part.
Je ne puis demeurer en place un seul moment. Je vais, je viens, je cours ; tout accroît mon tourment. Près d'elle mon esprit, comme le sien, se trouble ; Son accès de folie à chaque instant redouble.
{A E faste.) Ah ! monsieur, suis-je assez au rang de vos amis. Pour m'aider du secours que vous m'avez promis? Cet homme qui tantôt m'a vanté sa science Veut-il de ses secrets faire l'expérience.^ En l'état où je suis, je dois tout accorder ; Et lorsque l'on perd tout, on peut tout hasarder.
Je me fais un plaisir de rendre un bon office.
On se doit en tout temps l'un à l'autre service.
La malade aujourd'hui m'a fait trop de pitié,
Pour ne pas vous donner ces marques d'amitié.
L'homme dont il s'agit en ces lieux doit se rendre ;
J'ai voulu sur le mal le sonder et l'entendre.
Mais il m'en a parlé dans des termes si nets.
En me développant la cause et les effets.
Qu'en vérité je crois qu'il en sait plus qu'un autre.
ALBERT
Quel service, monsieur, peut-être égal au vôtre !