‹ Théâtre choisiChapitre 165 sur 178 · SCÈNE XII : ALBERT, seul, tenant une fiole · texte numérisé non relu

SCÈNE XII : ALBERT, seul, tenant une fiole

J'apporte un élixir d'une force étonnante...

Mais je ne vois plus rien. Quel soupçon m'épouvante?

Lisette ! Agathe ! O ciel ! tout est sourd à mes cris.

Que sont-ils devenus? Quel chemin ont-ils pris? -":

Au voleur ! à la force ! au secours ! Je succombe.

Où marcher? où courir? Je chancelle, je tombe.

Par leur feinte folie, ils m'ont enfin séduit ;

Et moi seul en ce jour j'avais perdu l'esprit.

Voilà de mon amour la suite ridicule.

Ah ! maudite bouteille, et vieillard trop crédule !

Allons, suivons leurs pas ; ne nous arrêtons plus.

Traîtres de ravisseurs, vous serez tous pendus.

Et toi, sexe trompeur, plus à craindre sur terre

Que le feu, que la faim, que la peste et la guerre.

De tous les gens de bien tu dois être maudit ;

Je te rends pour jamais au diable qui te fit^

Page 1