ACTE II
HECTOR, à genoux.
Par pitié I
Je ne puis.
HECTOR
Ah ! que nous sommes fous !
Tous ces gens-là, monsieur, ont des cœurs de cailloux ; Sans des nantissements il ne faut rien prétendre.
VALÈRE
Dis-moi donc, si tu veux, où je les pourrai prendre.
HECTOR
Attendez... Mais comment, avec un cœur d'airain, Refuser un billet endossé de ma main?
VALÈRE
Mais vois donc,
HECTOR
Laissez-moi; je cherche en ma boutique V VALÈRE, bas à Hector.
Écoute... Nous avons le portrait d'Angélique. Dans le temps difficile il faut un peu s'aider.
HECTOR, bas à Valère.
Ah ! que dites- vous là? Vous devez le garder.
VALÈRE, bas à Hector.
D'accord : honnêtement je ne puis m'en défaire !
MADAME LA RESSOURCE
Adieu. Quelque autre fois nous finirons l'affaire.
VALÈRE, à madame la Ressource.
Attendez donc.
{Bas à Hector.)
Tu sais jusqu'où vont mes besoins.
N'ayant pas son portrait, l'en aimerai-je moins?
HECTOR, bas à Valère.
Fort bien. Mais voulez-vous que cette perfidie...
r. En ma cervelle.
VALÈRE, bas à Hector,
Il est vrai. J'ai tantôt cette grosse partie
De ces joueurs en fonds qui doivent s'assembler.
MADAME LA RESSOURCE '
Adieu.
VALÈRE, à madame la Ressource.
Demeurez donc : où voulez-vous aller?
{Bas à Hector).
Je ferai de l'argent ; ou celui de mon père, Quoi qu'il puisse arriver, nous tirera d'affaire.
HECTOR, bas à Valère.
Que peut dire Angélique alors qu'elle apprendra Que de son cher portrait...
VALÈRE, bas à Hector.
Et qui le lui dira?
Dans une heure au plus tard nous irons le reprendre.
HECTOR, bas à Valère.
Dans une heure?
VALÈRE, bas à Hector.
Oui, vraiment.
* HECTOR, bas à Valère.
Je commence à me rendre.
VALÈRE, bas à Hector.
Je me mettrais en gage en mon besoin urgent.
HECTOU, bas à Valère, le considérant.
Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent.
VALÈRE, bas à Hector.
On ne perd pas toujours ; je gagnerai sans doute.
HECTOR, bas à Valère.
Votre raisonnement met le mien en déroute.
Je sais que ce micmac ne vaut rien dans le fond.
VALÈRE, bas à Hector.
Je m'e;i tirerai bien, Hector, je t'en répond.