SCÈNE II : ANGÉLIQUE, NÉRINE, HECTOR
NÉRINE
Nous le saurons d'Hector, qu'ici je vois paraître.
ANGÉLIQUE, à HectÔY.
Te voilà bien soufflant *. En quels lieux est ton maître?
HECTOR, embarrassé.
En quelque lieu qu'il soit, je réponds de son cœur ; Il sent toujours pour vous la plus sincère ardeur.
NÉRINE
Ce n'est point là, maraud, ce que l'on te demande.
HECTOR, voulant s'échapper.
Maraud ! Je vois qu'ici je suis de contrebande.
NÉRINE
Non, demeure un moment.
Le temps me presse. Adieu.
NÉRINE
Tout doux ! N'est-il péis vrai qu'il est en quelque lieu Où courant le hasard...
HECTOR
Parlez mieux, je vous prie.
Mon maître n'a hanté de tels lieux de sa vie.
ANGÉLIQUE, à Hcctor,
Tiens, voilà dix louis. Ne me mens pas ; dis-moi S'il n'est pas vrai qu'il joue à présent.
HECTOR
Oh ! ma foi.
Il est bien revenu de cette folle rage. Et n'aura pas de goût pour le jeu davantage,
ANGÉLIQUE
Avec tes faux soupçons, Nérine, eh bien ! tu vois ?
HECTOR
Il s'en donne aujourd'hui pour la dernière fois.
ANGÉLIQUE
Il jouerait donc?
HECTOR
Il joué, à dire vrai, madame ; Mais ce n'est proprement que par noblesse d'âme.