‹ Théâtre choisiChapitre 59 sur 178 · SCÈNE II : ANGÉLIQUE, NÉRINE, HECTOR · texte numérisé non relu

SCÈNE II : ANGÉLIQUE, NÉRINE, HECTOR

NÉRINE

Nous le saurons d'Hector, qu'ici je vois paraître.

ANGÉLIQUE, à HectÔY.

Te voilà bien soufflant *. En quels lieux est ton maître?

HECTOR, embarrassé.

En quelque lieu qu'il soit, je réponds de son cœur ; Il sent toujours pour vous la plus sincère ardeur.

NÉRINE

Ce n'est point là, maraud, ce que l'on te demande.

HECTOR, voulant s'échapper.

Maraud ! Je vois qu'ici je suis de contrebande.

NÉRINE

Non, demeure un moment.

Le temps me presse. Adieu.

NÉRINE

Tout doux ! N'est-il péis vrai qu'il est en quelque lieu Où courant le hasard...

HECTOR

Parlez mieux, je vous prie.

Mon maître n'a hanté de tels lieux de sa vie.

ANGÉLIQUE, à Hcctor,

Tiens, voilà dix louis. Ne me mens pas ; dis-moi S'il n'est pas vrai qu'il joue à présent.

HECTOR

Oh ! ma foi.

Il est bien revenu de cette folle rage. Et n'aura pas de goût pour le jeu davantage,

ANGÉLIQUE

Avec tes faux soupçons, Nérine, eh bien ! tu vois ?

HECTOR

Il s'en donne aujourd'hui pour la dernière fois.

ANGÉLIQUE

Il jouerait donc?

HECTOR

Il joué, à dire vrai, madame ; Mais ce n'est proprement que par noblesse d'âme.

Page 1