I. Cependant : pendant ce temps
Non, l'enfer en courroux et toutes ses furies
N'ont jamais exercé de telles barbaries.
Je te loue, ô destin, de tes coujds redoublés !
Je n'ai plus rien à perdre, et tes vœux sont comblés.
Pour assouvir encor la fureur qui t'anime,
Tu ne peux rien sur moi : cherche une autre victime.
HECTOR, à part.
Il est sec.
VALÈRE
De serpents mon cœur est dévoré ; Tout semble en un moment contre moi conjuré.
(// prend Hector à la cravate.) Parle. As-tu jamais vu le sort et son caprice Accabler un mortel avec plus d'injustice. Le mieux assassiner? Perdre tous les partis *, Vingt fois le coupe-gorge, et toujours premier pris ! Réponds-moi donc, bourreau.
HECTOR
Mais ce n'est pas ma faute.
VALÊRE
As-tu vu de tes jours trahison aussi haute? Sort cruel, ta malice a bien su triompher ; Et tu ne me flattais que pour mieux m'étouffer. Dans l'état où je suis, je puis tout entreprendre ; Confus, désespéré, je suis prêt à me pendre.
HECTOR
Heureusement pour vous, vous n'avez pas un sou Dont vous puissiez, monsieur, acheter un licou. Voudriez-vous souper?
Que la foudre t'écrase !
Ah ! charmante Angélique, en l'ardeur qui m'embrase, A vos seules bontés je veux avoir recours ! Je n'aimerai que vous ; m'aimerez-vous toujours?