‹ Théâtre choisiChapitre 95 sur 178 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

LISETTE

Ah ! ah ( tu es encore un plaisant visage de croire que C litandre puisse jamais se repentir d'avoir épousé Lucile, une fille que j'ai élevée !

MERLIN

Tant pis.

LISETTE

Une fille belle, jeune, et bien faite

MERLIN

II n'y a pas là de quoi se rassurer.

LISETTE

Une fille aisée à vivre !

MERLIN

La plupart des filles ne le sont que trop !

LISETTE I

Une fille sage et vertueuse !

MERLIN

Et c'est toi qui l'as élevée?

LISETTE

Parle donc, maraud ; que veux-tu dire?

MERLIN

Tiens, veux-tu que je te parle franchement? cette alliance ne me plaît point du tout ; et je ne prévois pas que nous y trouvions notre compte ni l'un ni l'autre. Clitandre fait de la dépense, parce qu'il est amoureux : l'ajnour rend libéral ; le tnariage corrige l'amour. Si mon maître devenait avare, où en serions-nous ?

LISETTE

Il est d'un naturel trop prodigue pour devenir jamais trop économe. A-t-il donné de bons ordres pour le régal d'aujourd'hui?

MERLIN

Je t'en réponds. Trois garçons de la Guerbois viennent l'arriver avec tout leur attirail de cuisine ; Camel, le fameux Damel, marchait à leur tête. L'illustre Forel* a envoyé six douzaines de bouteilles de vin de Champagne comme il n'y en a point : il l'a fait lui-même.

I. Ford : cabaretier célèbre à l'enseigne de l'Alliance. Il était tout près de la porte de l'Hôtel des Comédiens.

LISETTE

Tant mieux ; j'aime la bonne chère.

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