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ACTE V, SCÈNE I. i.V

Par qui vous désirez que son crime s’efface?

Piiis-je d’un naturel si sensible et si doux Espérer le pardon que j'implore à genoux?

Interdit, et pareil à ces esclaves traîtres

Qui, pensant échapper, ont rencontré leurs maîtres,

Madame, je ne puis que rentrer sous vos lois,

Et prier vos beautés de rétablir vos droits :

Car enfin vous venger serait votre dommage ;

Ce serait ruiner votre propre héritage ;

Vous vous appauvririez en me pensant punir,

Et c’est la seule mort qui nous doit désunir.

LAURE

Faites-vous la faveur qu’il faut que je vous fasse;

Vous possédez mon cœur, prenez-y votre grâce,

Et reconnaissez-y si votre aversion Aurait rien altéré de son affection.

OCTAVE

Seigneur, votre alliance est déjà trop tardive;

Vous la devriez presser : demain l’infante arrive;

La nouvelle ce soir en est venue au roi.

ORANTÉE.

O dieux! Gléandre aussi m’a-t-il manqué de foi?

Ou mon père aurait-il diverti son message.

Qui devait de l’infante empêcher le voyage ? Résolvez-vous, madame, au joug que je prétends; Soyons bons ménagers de ce reste de temps ;

Faisons que le soleil, commençant la journée,

Demain nous trouve unis du saint nœud d’hyménée,

Et, laissant faire au roi des desseins superflus.

Nous ne pourrons donner ce que nous n’aurons plus.

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